S’éloigner... de l’esprit centriste

                                   

Nous vivons un moment de mollesse, d’indécision, d’irresponsabilité, de refus de tout ce qui est fort ou tranché, un moment flou …un moment centriste…

 La gauche et la  France, si l’on en croit les sondages, s’entichent d’un candidat « normal » ou banal, qui, dix ans durant, a dirigé le parti socialiste avec une indécision paresseuse, pour le laisser, comme l’a constaté celle qui lui a succédé, dans un état pitoyable…mais il est sympathique et pas contrariant  et se prépare s’il était élu à appliquer mollement, et sans doute très partiellement, un programme archaïque,  qui va à l’encontre de ce dont la France a besoin…

 

L’UMP est divisée en chapelles qui multiplient les propositions contradictoires et  farfelues, sans risques, car sachant  bien qu’elles n’ont, pour la plupart,  aucune chance d’être reprises par le futur candidat. 

Les centristes, plus ou moins membres de la majorité, s’efforcent, sans trop de mal,  à  ne rien penser,  ne rien dire et repoussent indéfiniment leur décision de soutien… Ils trouvent le Président trop réformiste, trop actif,  pas assez terne, pas assez soumis à « l’air du temps », parlant trop clair, ayant une trop grande propension à décider, bref pas assez centriste…Sans doute, se décideront-ils au vu des sondages, le plus tard possible, (en février annonce même un petit parti !) pour limiter le risque de se tromper.

 

C’est la course au centre, ce lieu béni, tout de douceur, de lenteur et d’irresponsabilité…Ce lieu  où l’on se dit humaniste (difficile d’être plus banal et plus consensuel),  défenseurs obstinés de la République (au demeurant fort peu menacée)  de la laïcité et de la démocratie (qui ne le sont pas davantage),  européens (comme tout le monde, à part Le Pen et Chevènement), généreux en paroles mais   avares de décisions et d’ actions,  persuadés, comme le père Queuille,  qu’ « il n’y a pas de problème dont  une absence de solution ne parvienne à venir à bout » , et prêts à servir de supplétifs à tout vainqueur…

 

Jean-Louis Borloo a su, décision sage et lucide qui l’honore, se retirer de la candidature à la présidentielle,  ce combat qui s’annonçait douteux, où ses soutiens étaient quelque peu chancelants…Le parti radical devrait s’éloigner progressivement de ce marais, dans lequel La Gauche Moderne, qui n’avait jusque-là jamais été centriste,  choisit de continuer à s’engager et à s’enfoncer...                         

 

Il est tout de même bon que dans cette atmosphère émolliente, un mouvement, Le Cercle des Libertés Egales, vienne rappeler que la politique c’est autre chose,  affirmer la nécessité de valeurs telles que la responsabilité, l’équité, la correspondance entre les droits et les devoirs,  proposer la mise en œuvre d’une politique sociale-libérale, ferme et juste à la fois.

Un mouvement qui vienne défendre la rigueur (et la justice) dans des domaines comme la sécurité ou l’immigration,  promouvoir la flexi-sécurité,  dire clairement que  la réduction nécessaire des déficits ne pourra venir uniquement de taxes supplémentaires (même s’il est vrai que les plus riches doivent être plus lourdement imposés, et qu’une TVA sociale est nécessaire) mais d’abord de la réduction drastique des dépenses publiques, et que seule la réduction de  ces dépenses pourra donner des  marges de manœuvre pour l’investissement et  une politique sociale équitable. Quand on sait que l’Allemagne dépense chaque année 150 milliards de moins que nous, pour le secteur public, on se rend compte du poids du boulet que notre pays est contraint de tirer, et quelle est l’ampleur de l’effort à accomplir.  

Un mouvement aussi, qui, en prolongement,  sache choisir sans attendre son candidat pour la présidentielle  (pour nous, ce ne peut être que le Président actuel), et  s’engager clairement et activement à ses côtés.

 

Le Cercle des Libertés Egales,  qui n’est pas un parti politique mais  regroupe, sans agressivité vis-à-vis de quiconque,  des militants appartenant à des partis politiques différents, ou sans parti,   veut approfondir et  diffuser ses analyses, ses réflexions, ses  contributions, ses choix. Et  le faire sans interférer avec la vie de chaque parti.

Chacun de nous, parallèlement à son  action au sein du Cercle des Libertés Egales, continue à militer au sein de son parti, quel qu’il soit. Les directions de ces  partis peuvent parfois s’irriter de voir critiquer ou  contester, en leur sein même, leurs choix (ou leur absence de choix).  Mais, dans tous les partis démocratiques, on accepte, aujourd’hui, ces  cercles, associations ou clubs animés par des dirigeants, défendant des positions minoritaires, souvent contestataires. Certains ont la lucidité d’apprécier  la richesse et la stimulation que cela leur  apporte.

 

Pendant 7 ans, au sein du parti socialiste,  j’ai pu animer le club « gauche moderne » présidé par Jean-Marie Bockel, et je me souviens à quel point nos déclarations, nos propositions pouvaient être différentes de celles de la majorité du parti… Bien entendu nous nous efforcions d’éviter les  mises en causes personnelles (lorsque cela arrive il convient d’y mettre fin et d’en prévenir le retour). C’est pourquoi j’ai vu  avec étonnement un petit  parti interdire d’appartenir à la fois au   Cercle des Libertés Egales et au parti lui-même…Cette décision, précipitée et sans doute mal réfléchie sera, certainement, très vite annulée…

 

Toujours est-il que, malgré les attaques qui le visent (et qui témoignent de l’importance qu’il a déjà acquise), le  Cercle des Libertés Egales, poursuivra sereinement  son action et  son développement.  Chacun en  comprendra l’intérêt et l’utilité, dans ce moment de la vie politique.

C’est  pourquoi je me permets d’appeler à nouveau, tous ceux qui partagent nos idées, nos objectifs et notre volonté d’engagement dans le  soutien à la politique de réforme du Président, à nous rejoindre.

 

Marc d’Héré