Mes chers amis,

C’est avec gravité et détermination que je vous retrouve.

L’élection présidentielle a été perdue sur le fil, mais je ne regrette rien de ces années passées auprès de Nicolas Sarkozy.

J’assume mon amitié; j’assume mes convictions; j’assume notre bilan et je viens vous dire que le combat pour nos valeurs n’est pas fini !

Hier, j’étais à Montpellier auprès de nos candidats. Je serai prochainement en Seine Saint Denis, dans le Rhône, en Saône et Loire, à Boulogne, à Bordeaux, à Toulouse… et à Paris.  Bref, je m’engage avec vous comme un militant parmi les militants. 

Pour tous ces Français qui nous ont fait confiance, notre première responsabilité est de réinsuffler la fierté et l’honneur de se reconnaitre dans la droite républicaine.

Gaullistes, centristes, radicaux, libéraux, nous sommes à l’UMP les héritiers d’une grande tradition politique qui n’a pas à s’excuser d’être toujours là, fière et vivante.

Notre seconde responsabilité est de nous adresser à tous les Français, et notamment ceux qui ont cru trouver dans l’abstention ou le vote protestataire une échappatoire.

Je les invite à construire avec nous une alternative solide à la gauche car toute voix qui s’abstiendra ou qui se dispersera sera l’alliée du parti socialiste. 

La France a besoin d’une UMP forte et unie qui défend à l’Assemblée Nationale la voix de l’intérêt national et ses priorités : il faut garantir notre souveraineté économique et financière; il faut renforcer notre compétitivité pour permettre à la France d’être une terre de production et d’emplois; il faut renouveler notre modèle social pour éviter qu’il ne craque; il faut l’autorité de l’Etat face à la violence et face aux pressions de ceux qui veulent faire passer leurs règles avant celles de la République.   

Enfin, notre troisième responsabilité est de nous comporter avec dignité.

Nous ne sommes pas animés par un esprit de revanche car en démocratie le choix des électeurs doit être respecté.

Nous ne sommes pas injurieux, comme le furent les socialistes en 2007, qui, dès la première minute du quinquennat, accusaient déjà le Président Sarkozy des pires maux.

Mais nous ne sommes pas là pour faire de la figuration et nous extasier des moindres faits et gestes d’un gouvernement qui croit que le temps des lumières commence avec lui.

Les superlatifs qui ont accompagné les premiers pas du Président de la République ne dureront qu’un temps, et il nous importe peu de savoir si François Hollande prend l’avion, la voiture ou le bus.

Quant à ses rencontres avec Angela Merkel ou Barack Obama, il est étonnant que chacun se soit étonné que ces chefs d’Etat se comportent avec une élémentaire courtoisie.

Non, l’UMP n’est pas là pour commenter les apparences du pouvoir, mais pour peser sur l’avenir de la politique française !

Avant l’élection présidentielle, nous disions que le programme socialiste était irréaliste sur le plan financier et régressif sur le plan économique, eh bien nous n’avons pas changé d’avis !

L’élection de François Hollande n’a pas fait disparaître les réalités !

Réalité européenne, avec le risque renouvelé d’une désagrégation de la zone euro face aux errements de la Grèce et aux difficultés du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie.

Réalité française avec son double défi que avions commencé à traiter : celui des déficits et celui de la compétitivité.   

Face à ces réalités - je persiste et je signe ! - le programme socialiste nous conduit dans le mur.

Sur l’Europe, derrière la façade obligée des sourires, l’avenir du couple franco-allemand est gravement menacé.

En renonçant à faire adopter la règle d’or budgétaire,  François Hollande démontre que le retour à l’équilibre de nos finances publiques n’est plus une priorité française.

En exigeant des eurobonds, il met la charrue devant les bœufs, car la mutualisation des emprunts n’est possible qui si l’intégration politique et la surveillance budgétaire collective sont assurées ! 

En engageant un bras fer maladroit sur la croissance, le Président de la République prend le risque d’amplifier la crise en fissurant le principal rempart de l’Europe, qui est le consensus entre la France et l’Allemagne.  Parce que c’est aujourd’hui le seul moteur efficace de décisions dans la crise.

François Hollande croit que son élection l’autorise à exiger plus que l’Allemagne ne peut offrir. C’est une grave erreur !

Voilà plus de dix ans, qu’Angela Merkel et son prédécesseur imposent à leur pays une cure d’austérité et une série de réformes difficiles. Les allemands ne lâcheront pas la proie pour l’ombre pour nous faire plaisir. 

Il ne sert à rien de sauter sur sa chaise comme un cabri en répétant, «la croissance, la croissance, la croissance !». 

Personne n’est pour la récession et la misère.

Depuis trois ans, dans tous les sommets européens, les voies et moyens de la croissance ont été recherchés et tous les journalistes qui ont assisté à ces sommets le savent. Pourquoi ne le disent ils pas ?

Mais la croissance doit être assise sur des bases saines, sur des réformes structurelles, pas sur des énièmes dépenses publiques qui fondront comme neige au soleil, pas sur de nouvelles dettes qui conduiront irrémédiablement l’Europe au déclin.

 J’accuse les socialistes de parler à tort et à travers de la croissance pour masquer leur laxisme congénital.

Sur les déficits, la politique du gouvernement amorce un relâchement budgétaire qui peut être mortel pour notre pays.

Le recrutement de 60.000 fonctionnaires a été confirmé, et dès cet été, la machine à recrutement va être relancée.

La revue générale des politiques publiques est stoppée.

L’équilibre financier des régimes de retraite est menacé par le retour des 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans.

Le décret qu’on nous promet sur ce sujet n’est, pour l’heure, fondé sur aucune évaluation sérieuse.

Ni sur le nombre des bénéficiaires, ni sur le coût pour la collectivité nationale. Tout cela, nous dit-on, sera négocié avec les syndicats. J’aurais aimé qu’il le soit aussi avec le Parlement !      

Toutes ces premières mesures préfigurent un relâchement de notre effort financier, alors même que la crise des dettes se presse à nouveau à nos portes. 

Avec tous les candidats de l’UMP, j’invite les électeurs à choisir le camp de la responsabilité financière plutôt que le camp des dépenses.

Je le fais pour notre souveraineté économique et sociale car je ne veux pas voir la France soumise un jour aux mêmes sacrifices que ses voisins du sud.

Sur la compétitivité française, le scénario est tout aussi inquiétant.

Ca n’est pas en changeant le nom du ministère de l’industrie par celui du «redressement productif»  que l’on combattra les délocalisations et le chômage.

La France doit travailler plus.

Mais les socialistes veulent dissuader les heures supplémentaires en abrogeant leur défiscalisation.

La France doit baisser les charges sociales pesant sur le coût du travail qui sont supérieures de 20% à la moyenne des autres Etats européens.

C’est ce que nous avons fait.

Cette mesure sera abrogée nous disent les socialistes.

Ce sont 13 milliards d’euros en plus sur le dos des entreprises, auxquels s’ajoutera l’augmentation des cotisations pour financer leur promesse sur les retraites.

Enfin, on nous annonce une grande conférence sociale où la question de l’augmentation du SMIC sera abordée.

Nul doute que les syndicats réclameront le maximum et que le nouveau gouvernement se pliera à leurs exigences sans se soucier du sort de toutes ces PME qui se battent le dos au mur contre la crise.

Dévalorisation des heures supplémentaires, renchérissement du coût du travail, augmentation du SMIC… tout ça n’a rien à voir avec le redressement productif mais tout à voir avec le déclin improductif ! 

Le Gouvernement socialiste va très vite comprendre qu’on ne lutte pas contre les délocalisations avec des mots. Quant à M. Montebourg, qui militait pour la démondialisation, il va vite s’apercevoir que la Chine, le Brésil et l’Inde n’ont pas lu ses discours et qu’ils n’entendent pas le faire.          

Nous proposons aux Français une stratégie économique différente.

Elle est fondée sur la valorisation du travail, sur une réforme profonde de la formation professionnelle, sur l’instauration d’un dialogue social décentralisé au niveau des entreprises permettant d’adapter les modalités du travail au carnet de commandes.

Si l’UMP invite les Français à se réformer encore, à se retrousser les manches, à se former plus, à dépenser moins, c’est qu’il n’y a pas d’autre moyen pour être une grande nation, une nation qui crée des richesses, qui les partage, qui protège ses enfants des lendemains incertains.

Face à la crise et face aux menaces qui pèsent sur l’Europe, je demande solennellement à François Hollande, au nom de l’intérêt national, de renoncer aux promesses électorales qui risquent de créer de grandes difficultés à notre pays.

Il doit suspendre sa réforme sur les retraites qui entraînera une dépense supplémentaire de plus d’un milliard d’euros par an et de près de 20 milliards d’ici à 2017.

Il doit renoncer à aggraver le coût du travail en maintenant la TVA antidélocalisation.

Il doit à renoncer à rétablir la taxe professionnelle qui plombe les investissements.

Il doit inscrire la règle d’or dans notre constitution, à l’égal de tous les autres Etats européens.

S’il ne le fait pas, il risque de porter la responsabilité d’une nouvelle réplique de la crise financière européenne.

Nous pensons que la France peut supporter la vérité.

Notre avenir dépend de notre capacité à résister à la tentation d’exiger toujours plus, à n’importe quel prix.

Il dépend de notre civisme, c'est-à-dire de cette aptitude à user de ses droits sans oublier ses devoirs.

Tout ceci nous ramène vers la République.

Nous sommes une communauté de citoyens, ce qui signifie que chacun doit donner à son pays autant qu’il reçoit de lui.

Et nous sommes une communauté nationale, pas une nation mosaïque.

Voilà pourquoi nous refusons le vote des étrangers aux élections locales que propose la gauche, parce que nous sommes pour une citoyenneté pleine et entière et contre une citoyenneté à plusieurs vitesses.

Voilà pourquoi nous sommes pour une immigration maîtrisée et une assimilation réussie car il n’y a pas de générosité à accueillir des personnes, qui sans travail, sans formation, sans volonté de devenir Français, seront des déracinés.

Voilà pourquoi nous sommes inflexibles sur la sécurité car la loi de la République doit s’imposer sur la loi de la rue.

Sur ce sujet, le gouvernement socialiste ferait bien de ne pas oublier que la Justice doit d’abord se pencher sur le sort des victimes avant de songer à alléger la législation concernant les délinquants.  

Mes amis,

Malgré la défaite de la présidentielle, nous sommes rassemblés et résolus.

D’autres que nous seraient démobilisés, mais la France parle en chacun d’entre nous !

Elle nous murmure tous ces combats anciens qui ont fait de notre patrie, la patrie de la liberté, de l’égalité, de la fraternité.

Elle nous rappelle au souvenir de tous nos aïeux qui ont travaillé dur pour conquérir le progrès et la justice.

La France n’est pas devenue l’une des premières puissances du monde par hasard. Il a fallu des siècles d’acharnement au travail; il a fallu le génie de nos entrepreneurs, de nos inventeurs ; il a fallu le courage de tous ceux qui ont donné leur vie pour notre indépendance.

Oui, mes amis, cette France éternelle parle en nous et elle nous rappelle au souvenir de tous ceux qui nous ont donné la fierté de pouvoir dire aujourd’hui «je suis français».

La France, c’est notre seconde famille, et une famille, mes amis, ça se défend avec générosité et ça se défend avec courage.

Voilà tout le sens de notre engagement; voilà la flamme qui brille dans notre cœur. Et voilà pourquoi l’Union pour un Mouvement Populaire se tient debout, pour la France et pour la République.

François Fillon