Chers Amis,

Voici la déclaration du Président des Républicains, Nicolas Sarkozy, à l'issue du sommet du Parti Populaire Européen (PPE), dont les Républicains sont membres, qui s'est tenu aujourd'hui à Bruxelles :

« C'était une réunion d'une assez profonde gravité, parce que la situation est d'une rare complexité avec un Premier ministre grec qui a menti à son peuple avant les élections et qui aujourd'hui est en train d'expliquer aux différents gouvernements européens qu'il est prêt à accepter ce qu'il a lui même demandé aux Grecs de refuser il y a huit jours. Ce doit être un sujet de réflexion pour tous les Européens qui pourraient être tentés par le vote des extrêmes. Voilà Monsieur Tsipras qui a fait campagne en Grèce il y a huit jours pour refuser un plan qu'il semble être prêt à accepter aujourd'hui. De l'art du mensonge ! Voilà la confiance que l'on peut avoir dans les extrémistes, qu'ils soient de gauche ou de droite ».

« La très grande question qui est posée c'est : peut-on ou non avoir confiance en M. Tsipras, dans sa parole et dans ses engagements ? D'autant plus qu'il y a une chose qui a changé ces derniers jours, c'est que alors que le plan qui était proposé - à juste titre me semble-t-il - par la Commission, c'était 7 milliards d'euros, aujourd'hui on parle de 75 milliards d'euros ».

« J'ajoute une autre préoccupation pour nous : c'est le spectacle désolant des divisions franco-allemandes. Jamais l'Europe n'a eu autant besoin d'unité, jamais elle n'a eu autant besoin de leadership, d'un leadership franco-allemand. Et ces divisions n'ont pas de sens, compte tenu de la gravité de la situation. Elles ajoutent, me semble-t-il, à l'incertitude et à l'instabilité. Il faut que M. Hollande se ressaisisse et reconstitue une unité avec la chancelière Merkel ».

« Ce fut une erreur de laisser à penser, comme l'a fait M. Hollande depuis sept mois, à M. Tsipras qu'il pouvait avoir un chèque sans condition de la part de ses partenaires de la zone euro sans faire les réformes dont nous avons besoin. Et enfin je reste convaincu que le compromis est nécessaire. Qui peut souhaiter une crise ? Est-ce que l'Europe n'a pas déjà assez de problèmes pour ne pas vouloir encore des problèmes avec une crise ? Il faut essayer de trouver un compromis ».

« Mais que le compromis soit trouvé ou pas, en tout état de cause, il faut renforcer l'efficacité de la coordination du gouvernement économique de la zone euro. Je reste convaincu et je les ai défendues que les propositions que nous faisons d'un Président de l'Eurogroupe et d'un Fonds Monétaire européen sont nécessaires (...) ».

« C'est une situation bien compliquée et porteuse de beaucoup de menaces dans laquelle nous nous trouvons par la faute d'un Gouvernement d'extrême gauche et d'extrême droite qui veut la solidarité de l'Europe sans en assumer aucune des responsabilités (...) ».

« Il faut parler, il faut continuer, il faut discuter. La question n'est pas tant la question des modalités du plan que la question de la confiance. A quoi servent des engagements politiques si les partenaires de ces engagements ne croient pas à la mise en œuvre de ces engagements. C'est quand même des sommes considérables, 75 milliards d'euros. Avant de se lancer dans un compromis de cette nature, je comprends que les chefs d'Etats et de Gouvernements de nos partenaires y réfléchissent (...) Solidarité oui, mais dans la responsabilité ».

« J'ai toujours pensé qu'un compromis était préférable, s'il ne devait pas y avoir de compromis, d'autres solutions devront être mises sur la table ».

Les Républicains