En écoutant avec attention l'interview rituelle du président de la République à l'occasion du 14 juillet, Roger Karoutchi, Vice-président de la Commission nationale d'investiture (CNI), Délégué national à la riposte et Lydia Guirous, porte-parole des Républicains ont eu le sentiment « très curieux » d'avoir entendu un président auto satisfait, décalé, déconnecté des réalités et des préoccupations des Français et qui, sur le fond, n'a rien annoncé de précis pour les Français ».

« Alors que nous attendions du président de la République des réponses pour savoir comment, enfin, la courbe du chômage allait être inversée, des engagements précis de sa part sur la fiscalité, sur le logement, sur le départ des jeunes, sur l'investissement, nous avons eu un "Moi, Je" audacieux. » En effet, explique Roger Karoutchi, nous avons eu le sentiment que François Hollande, à lui seul, avait résolu la crise grecque, que François Hollande, quasiment seul, avait fait en sorte qu'il y ait un accord avec l'Iran sur le nucléaire, et que François Hollande allait imposer à ses ministres une nouvelle loi sur le numérique, de faire de l'investissement ».

Toutes ces annonces, Roger Karoutchi les corrige. Un gouvernement économique de l'Europe ? « Nicolas Sarkozy le disait déjà en 2007 ». Un Parlement de la zone euro ? « C'est une absurdité. On a déjà un parlement européen, un parlement national, on ne va pas rajouter un parlement de la zone euro ». La loi sur le numérique ? « Elle a déjà été évoquée il y a trois semaines par Manuel Valls. Mais on ne sait toujours pas ce qu'il y a dedans, combien elle pourrait créer d'emplois», observe le sénateur des Hauts-de-Seine pour qui cette loi, « si elle n'est pas d'un meilleur tonneau que la loi Macron - qui apporte encore plus de contraintes et de charges supplémentaires -, n'apportera rien aux Français, aux créateurs, aux innovateurs. »

« Il s'est proclamé le président le plus audacieux. C'est en effet un président qui a beaucoup d'audace », rebondit Lydia Guirous : « 1, 3 million de chômeurs en plus depuis qu'il est arrivé au pouvoir, la sécurité des Français qui est remise en question chaque jour et les jeunes qui sont totalement oubliées alors qu'ils étaient la priorité de ce président… C'est effectivement un président audacieux jusqu'à dans ses mensonges ».

Revenant sur la crise grecque et le rôle supposé joué par François Hollande, Roger Karoutchi trouve « peu crédible que le président de la République dise à Alexis Tsipras de ne pas faire le referendum – qui le fait quand même -, lui disant "aide moi à t'aider" puis répondant à Barak Obama sur le dollar. On n'est pas dans un exercice du Djamel Show. On préfèrerait sincèrement un président de la République qui s'adresse aux Français qui leur parle de leurs vrais problèmes du quotidien et qui leur dise la vérité sur la Grèce : si elle ne respecte pas son accord, si elle ne respecte pas les engagements pris, ce sera de la dette supplémentaire pour tous les Français. Il faut dire qu'il y a un risque dans ce que nous avons fait et que nous l'avons pris parce que nous croyons en l'Euro et en l'Europe ».

« Dans la crise grecque, la France a joué un rôle, celui d'aller jusqu'à presque casser l'axe franco-allemand et remettre en question le couple franco-allemand », remarque Lydia Guirous, étonnée des déclarations de François Hollande et « de son admiration sans borne » qu'il a d'Alexis Tsipras, « un extrémiste. Je ne crois pas que cela soit du rôle d'un président de la République de flatter les extrémistes », relève Lydia Guirous voyant un objectif précis dans le comportement de François Hollande : « Il flatte également son aile gauche, les écologistes car les élections régionales approchent et il essaye de rassembler toute la gauche quitte à ridiculiser la France et à la mener droit dans le mur, notamment sur les questions économiques ».

Pour Roger Karoutchi , l'accord avec la Grèce comme l'accord avec l'Iran restent cependant dans le virtuel. « Ces accords sont des éléments dont on ne verra la réalité de l'application que dans les mois qui viennent. Nous ne sommes pas sortis ni de la crise grecque ni de la crise iranienne. Nous aurions préféré avoir des solutions sur la crise française », conclut Roger Karoutchi.

Les Républicains