Programmé de longue date sur l’invitation du président Alassane Ouattara, le déplacement du président des Républicains, Nicolas Sarkozy, en cette fin de semaine en Côte d’Ivoire s’inscrivait dans un contexte particulier, quatre jours après l’attentat terroriste meurtrier  perpétré par des djihadistes dans la station balnéaire de Grand Bassam, à une quarantaine de kilomètres de la capitale, Abidjan.

Après avoir été accueilli à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny par le chef d’Etat ivoirien, l’un des premiers gestes officiels de Nicolas Sarkozy fut de rendre un vibrant hommage en mémoire des 19 victimes (dont 4 Français) « dont la vie a été si injustement volée » et d’exprimer la« totale solidarité » de notre famille politique aux victimes, à leurs proches ainsi qu’au peuple ivoirien devant ce « lâche attentat ».


Pour Nicolas Sarkozy, les attentats de Grand-Bassam ont été commis par « des barbares qui s’attaquent à la civilisation et qui ne sont porteurs d’aucune humanité ». La seule alternative, a-t-il insisté, est de « les combattre et de les exterminer » par une coopération assidue entre la France et la Côte d’Ivoire.

« La Côte d’Ivoire a été frappée parce que c’est une démocratie, un pays où les chrétiens et les musulmans vivent en harmonie», a-t-il poursuivi lors d’une très chaleureuse rencontre avec des centaines d’étudiants de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, université qui symbolise le renouveau de la Côte d’Ivoire. Le président des Républicains en a profité pour demander aux habitants de continuer de maintenir cette bonne cohabitation « que les barbares veulent voir briser ».


« Nous avons le même ennemi. Cet ennemi a un nom : c’est le terrorisme djihadiste. Il a un visage : celui de la barbarie, a-t-il souligné. Cet ennemi nous a déclaré la guerre. Il n’a pas déclaré la guerre à un pays, à une culture, à une civilisation. Il a déclaré la guerre à la culture, à la civilisation, à tout ce qui fondent les valeurs humaines ».

Saluant « l’œuvre de redressement remarquable » du Président Ouattara « qui a su engager depuis son accession à la présidence de la République ivoirienne son pays dans la voie de la modernité et du redressement », Nicolas Sarkozy a souligné les trois défis qui attendaient la nation ivoirienne. Celui de la « réconciliation, qu’il faut à tout prix poursuivre et mener à son terme car c’est la condition de la consolidation de la paix » ; celui de la « sécurité et de la stabilisation du pays dans la durée » ; et celui du développement économique. « Depuis 4 ans, votre pays a retrouvé une croissance exceptionnelle – entre 8% et 10% », a salué Nicolas Sarkozy.


Soulignant que la France était une amie de la Côte d’Ivoire, Nicolas Sarkozy a rappelé combien il avait œuvré, lors de son quinquennat, à la refondation de la relation entre la France et l’Afrique et entre l’Europe et l’Afrique dans trois domaines bien spécifiques : le développement, la sécurité et l’immigration.


« Le développement de votre continent garantira votre sécurité et la nôtre, estime Nicolas Sarkozy, précisant que « le développement de l’Afrique et sa prospérité feront que moins d’Africains seront prêts à tout quitter, à tout abandonner, pour rejoindre coûte que coûte, et le plus souvent au péril de leur vie, les côtes européennes et d’éviter ainsi « le drame de l’immigration illégale ».


« On a mis près de 84 milliards d'euros sur la table pour la Grèce. On est en train de mettre 6 milliards d'euros pour gérer les flux illégaux avec la Turquie. Il faut un plan de très grande ampleur, plusieurs dizaines de milliards d'euros, pour développer l'Afrique et réserver ce marché aux entreprises européennes », estime Nicolas Sarkozy qui y voit une logique gagnant-gagnant. « Ça fera de la croissance pour nous, de la croissance pour eux, et ça nous donnera une chance de maitriser les flux migratoires », note-t-il.

Mais à ses yeux, il est important que l’aide de la France et de l’Europe au développement soit « créatrice d’emplois ».
« Le plus grand défi de l’Afrique dans ce XXIe siècle sera d’offrir du travail à une jeunesse toujours plus nombreuse, dans un contexte d’explosion démographique. Notre action doit l’y aider », insiste Nicolas Sarkozy qui estime que la France et l’Europe doivent faire beaucoup plus, notamment, pour le développement rural « qui a été le grand oublié des politiques d’aide des dernières décennies – comme il l’a trop souvent été par les pays africains eux-mêmes. »


Nicolas Sarkozy projette son regard vers 2050, date à laquelle la production agricole mondiale devrait augmenter de 70% pour pouvoir nourrir les 9 milliards d’habitants que comptera alors la planète. « C’est une opportunité pour l’agriculture africaine qui doit y prendre toute sa place », souligne le président des Républicains, insistant sur la valeur ajoutée ainsi crée.


Nicolas Sarkozy n’a pas fait non plus de la démographie –sujet crucial- un sujet tabou. « Le rythme de décollage du continent dépendra en partie du rythme de sa transition démographique », estime Nicolas Sarkozy plaidant pour « l’information, l’éducation et les politiques familiales adaptées dont nous savons qu’elles peuvent être efficaces. »


Dans un contexte de menace djihadiste, Nicolas Sarkozy est convaincu que l’Afrique doit également, avec l’aide de la France et de l’Europe, élever son niveau de sécurité, de renforcer son outil militaire et sécuritaire pour pouvoir mener ce combat. Mais également de renforcer l’Etat régalien. « Il ne s’agit pas de retomber dans les errements du passé, en favorisant la mainmise sécuritaire de dictateurs qui ne respecteraient pas leur peuple. Des garde-fous doivent être posés. Mais nous ne vaincrons pas le terrorisme djihadiste en Afrique sans les Africains », note Nicolas Sarkozy.


Lors de ce déplacement, Nicolas Sarkozy qui était accompagné d’une délégation d’élus composés d’Eric Woerth, Secrétaire général, Alain Joyandet, Conseiller politique, Eric Ciotti, Secrétaire général-adjoint chargé des fédérations, Maud Fontenoy, Déléguée générale à l’Environnement, Jean-Marie Tétart, Secrétaire national à la Coopération et Coumba Dioukhané, a également eu un long entretien avec Alassane Ouattara, président de la République ivoirienne avant de rencontrer plusieurs centaines de sympathisants Les Républicains qui ont marqué leur émotion après l’attentat de Grand-Bassam perpétré par Aqmi qui cherchait à viser en priorité les ressortissants français.

Les Républicains