Les Républicains prennent acte de la volonté du peuple britannique de quitter l’Union européenne. Il s’agit d’un choix démocratique, qui doit être respecté.

Il traduit le rejet croissant de la construction européenne telle qu’elle fonctionne. Nous devons entendre le message qui nous a été adressé de la part des Britanniques. Des conséquences rapides doivent être tirées de leur vote.

Conformément aux dispositions prévues par le Traité, les négociations pour organiser la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne doivent donc être entamées sans délai.

Mais, plus fondamentalement, après ce vote, la question qui se pose est celle de l’avenir de l’Europe. Notre famille politique reste plus que jamais attachée à l’idéal européen. Mais nous voulons une Europe qui protège, qui assure aux Européens la sécurité à laquelle ils ont droit, une Europe qui défende ses intérêts et parte à la conquête des marchés mondiaux, une Europe indépendante, une Europe fondée sur les nations.

Pour cela, l’Europe doit être refondée autour des principes suivants.

 

  • L’Europe doit reconnaître qu’elle a des frontières et qu’il est de sa responsabilité vis-à-vis des peuples de les faire respecter. Il est plus que temps de mettre en place le Schengen II que nous avons été les premiers à réclamer. Dans l’attente de ce Schengen II, les Républicains demandent que la France contrôle elle-même ses frontières nationales partout et aussi longtemps que nécessaire.

 

  • L’Europe doit assurer son indépendance politique et sa force économique en défendant la zone euro. Nous demandons qu’elle se dote enfin d’un véritable gouvernement économique qui assurera une coordination beaucoup plus forte des politiques économiques, budgétaires et fiscales au service de la croissance et de l’emploi. Elle devra également se doter d’un véritable Fonds Monétaire Européen car le FMI ne doit plus intervenir dans les affaires intérieures de l’Europe.

 

  • Le principe de subsidiarité doit être enfin respecté de manière effective. Pour cela, les compétences de l’Union européenne doivent être redéfinies autour d’un petit nombre de priorités stratégiques (marché intérieur, PAC, industrie, énergie, recherche, concurrence, politique commerciale, numérique…) ; tout le reste doit être rendu à la seule souveraineté des Etats. Le fonctionnement de la Commission doit être revu pour en finir avec l’inflation normative européenne.

 

  • Enfin, le processus d’élargissement doit être stoppé jusqu’à ce que la refondation de l’Europe ait été menée à son terme. En toute hypothèse, nous devons dire clairement à la Turquie qu’elle n’a pas vocation à entrer dans l’Union européenne. A ce titre, nous réaffirmons notre ambition d’un partenariat stratégique avec la Russie et la Turquie, mais qui n’est pas une adhésion.

 

Les Républicains proposent donc une véritable refondation de l’Europe, dont la France et l’Allemagne devraient prendre l’initiative ensemble.

La question des modalités de cette refondation ne doit pas prendre le pas sur l’essentiel c’est-à-dire le contenu. C’est en fonction de son contenu et de son ambition que le choix de modalités juridiques et politiques de sa mise en œuvre devra être faite.

Les Républicains soulignent que, plus que jamais, la refondation de l’Union européenne nécessite de la lucidité, de la volonté et une vision. L’Europe vit un moment de nature historique. Jamais le projet européen, avec l’idéal qu’il porte, n’a été autant menacé. L’Europe ne pourra survivre sans le soutien des peuples européens.

Face à l’Histoire, nous appelons chacun à la responsabilité et au courage.

les Républicains