20 juillet   2016           

« Nous sortons de ce débat avec un sentiment d'amertume, d'indignation et de colère. »

Député-maire de Roanne, Yves Nicolin résumait le mieux le sentiment des députés Les Républicains qui ont participé, dans la nuit de mardi à mercredi, au débat et au vote sur la prorogation de l'état d'urgence.

« Au-delà de votre posture, de votre ton martial, de vos coups de sang, de votre assurance qui confine à l'arrogance, pas le début de commencement de mea culpa de votre part, de celle du président de la République ni du ministre de l'Intérieur. Pas une fois vous n'avez eu le moindre regret pour des mesures que vous n'auriez pas prises et qui auraient pu limiter, prévenir ou empêcher le drame de Nice », a lancé Yves Nicolin au chef du Gouvernement, Manuel Valls, lors de la séance de question au gouvernement ce mercredi à l'Assemblée nationale.

Et pour mieux signifier cette « amertume », cette « indignation » et cette « colère qui monte chez les Français », Yves Nicolin a dressé la liste de toutes les propositions formulées par Les Républicains dans ce débat pour « corser » l'état d'urgence et qui ont été « refusées » par le pouvoir socialiste.

Du contrôle d'identité par les policiers municipaux à l'interdiction du financement des lieux de culte par des puissances étrangères en passant par la possibilité pour les polices municipales de disposer des mêmes armes que la police nationale, la mise en place de centres de rétention pour les fichés S, l'expulsion du territoire national pour les étrangers condamnés, la suppression des prestations sociales à un terroriste et à sa famille, la possibilité de fouiller des véhicules sans réquisition préalable, la révision de la loi pour la légitime défense des policiers, la fermeture des mosquées salafistes prêchant la haine, l'allongement de la durée à résidence, l'interdiction du retour en France pour des djihadistes binationaux partis à l'étranger semer la mort , la suppression de l'automacité de peine pour les personnes condamnées pour terrorisme, jusqu'à la réorientation de la politique avec la Russie pour lutter contre l'état islamique, Yves Nicolin a fustigé l'attitude du Gouvernement socialiste qui a rejeté les propositions de notre famille politique.

« Hors la prolongation de l'état d'urgence, vous ne proposez rien pour protéger les Français. A situation exceptionnelle nous, Les Républicains, proposions des mesures exceptionnelles prises par des autres pays qui sont tout autant que nous des pays de droit », déplore Yves Nicolin.

Un peu plus tôt, Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, qui a vécu le drame de Nice la nuit du 14 juillet, estime que cet attentat ne doit pas rester sans réponse. « Oui, la France est en état de guerre mais vous n'apportez pas une réponse claire, précise, efficace à l'angoisse des Français et à la montée du terrorisme », reproche le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes à Manuel Valls. « Il faut changer de stratégie. Puisque nous sommes en guerre, utilisons les armes de la guerre parce qui si nous ne combattons pas avec ces armes de la guerre, alors ces terroristes abattront notre démocratie. »

Député du Rhône, Georges Fenech a fait un lien entre l'attentat de Nice qui n'est pas sans rappeler la tuerie du Bataclan qui a provoqué la mort de 140 personnes et blessée plus de 400 autres. Deux drames qui ont frappé notre République au nom de l'islam radical. Président de l'enquête parlementaire relative aux moyens mis en œuvre par l'État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015, Georges Fenech rappelle toutes les failles et les dysfonctionnements, notamment des renseignements français et européens.

« A Nice, c'est la question des failles dans la sécurité mise en place pour cet évènement à laquelle il vous incombe de répondre. Mais, de grâce, n'invoquez plus l'union sacrée et je ne sais quel esprit polémique pour échapper aux questions relevant de vos responsabilités ministérielles », a-t-il lancé au Premier ministre tout en rappelant que c'était « l'honneur de notre démocratie et le rôle et le devoir de l'opposition », de poser ces questions.

Une Interrogation d'autant plus légitime à ces yeux que « cet attentat revendiqué par Daech s'est produit alors que nous étions sous le régime de l'état d'urgence censé nous protéger. »

Si comme la majorité des députés Les Républicains elle a voté la prorogation de l'état d'urgence, la députée de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet estime cependant, comme tous ses collègues, ce texte « insuffisant. »

Salafisme, salles de prières secrètes, mosquées prises en main par des individus qui prêchent la haine, supériorité de la loi religieuse sur les lois de la République, soumission des femmes... Nathalie Kosciusko-Morizet estime que « le terrorisme prospère sur un terreau fertile. »

« Est-ce une opinion, est-ce une religion ou n'est-ce pas plutôt une dérive sectaire de l'islam responsable de la radicalisation parfois jusqu'au terrorisme et au meurtre ? », interroge-t-elle estimant qu' « il est temps de déclarer le salafisme hors la loi, comme dérive sectaire ou comme atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. »

Pour elle, « la voie la plus sûre » est de « déclarer le salafisme hors la loi. Et déclarer le salafisme hors la loi c'est donner une base solide à la fermeture des mosquées qui prêchent la haine. »

Une mesure qui « doit s'inscrire dans le cadre d'une politique globale pour l'émergence d'un islam de France, respectueux des lois de la République. Un islam enfin débarrassé des influences étrangères et donc des financements, notamment du Qatar et de l'Arabie Saoudite. »

Nathalie Kosciusko-Morizet demande à notre société de « sortir de l'hypocrisie actuelle qui laisse prospérer dans nos cités une idéologie que nous dénonçons par ailleurs et qui sert de terreau au terrorisme. » Et demande au gouvernement socialiste s'il est prêt à soutenir une proposition de loi « visant à mettre enfin le salafisme hors la loi. »

Les Républicains