Le Figaro.fr

Pour son dernier discours francilien d'avant premier tour, l'ancien président a largement insisté sur les défis «de l'immigration» et «de l'intégration» que la France devait, selon lui, affronter.

De notre envoyée spéciale à Saint-Maur-des-Fossés

Alors que le 20 novembre se rapproche à grands pas, Nicolas Sarkozy a entamé sa dernière de campagne d'avant premier tour se rendant à Saint-Maur-des-Fossés, la ville du député-maire LR Sylvain Berrios, dans le Val-de-Marne, dernier bastion communiste en France. Si le candidat a déjà organisé son grand meeting parisien au Zénith le 9 octobre, il n'a pas dérogé à la règle d'organiser une réunion publique en région francilienne, pour clore son tour de France. Un classique de fin campagne ; une façon aussi de ne pas laisser tout l'espace à Alain Juppé.

LIRE AUSSI:» Sondage: entre Juppé, Sarkozy et Fillon, les écarts se resserrent

Au centre sportif de Saint-Maur-des-Fossés lundi soir, devant près de 2500 personnes, Nicolas Sarkozy, accompagné de Carla Bruni et de nombreux élus, en est rapidement venu parler du «défi gigantesque de l'immigration» et du «défi gigantesque de l'intégration». «Je crois au métissage, à l'immigration mais à un moment le nombre tue le mouvement», a jugé Nicolas Sarkozy, en ajoutant qu'il fallait dire «ça suffit (…) avant qu'il ne soit trop tard!».

L'ancien président est convaincu que dans cette campagne, «il est le seul à pouvoir se placer en rempart face au Front national et à créer une digue», avance un de ses soutiens. Le candidat en a profité pour s'opposer à Alain Juppé qui lui avait reproché de vouloir suspendre le regroupement familial et avait qualifié l'attitude de «pas humaine». «Ce qui est inhumain c'est de faire croire à un jeune du Sahel, qu'il a un avenir, qu'il a un emploi en France», lui a répondu Nicolas Sarkozy dans une longue anaphore. «Ce qui est inhumain c'est de laisser l'Afrique dans la pauvreté. Ce qui est inhumain c'est de dépenser de l'argent pour soutenir les banques grecques alors qu'on ferait bien mieux d'investir dans un plan Marshall pour développer l'Afrique et aider les jeunes Africains à trouver du travail», a encore poursuivi le candidat.

 

Dans le Val-de-Marne, Nicolas Sarkozy a aussi largement insisté sur «le défi gigantesque de l'intégration» auquel était confrontée la France. «Comment fait-il que des Français élevés en France, éduqués en France viennent à haïr leur pays? Comment des enfants soignés en France et qui sont français se sentent moins intégrés que leurs grands-parents qui n'étaient pas français?», s'est interrogé le candidat. Selon l'ancien président, «si on ne pose pas ces questions, on va au-devant de grandes désillusions et de grands affrontements».

Des déclarations à la tribune qui ont aussitôt déclenché de vifs applaudissements de la salle. Pour le candidat, reprenant un de ses fils rouges de campagne, «quand on est en France, on parle le français, on vit comme un Français, car ici il y a un mode de vie français, une culture française!» La salle a réagi avec satisfaction à la déclaration. «On devient nos ancêtres les Gaulois quelle que soit la culture de sa peau!», a-t-il déclaré en reprenant ses propos du meeting de Franconville, lorsqu'il avait lancé «dès que vous devenez français, vos ancêtres sont les Gaulois».

 

Mais comme il le fait très clairement depuis plusieurs meetings, le candidat s'est aussi longuement placé en porte-parole de la «jeunesse musulmane» et «de tous ces Françaises musulmanes qui sont autant françaises» que lui «et qui ont le droit d'être respectées», a-t-il insisté. «Je veux qu'on les respecte si elles ont envie de porter un jean ou une minijupe». Un message sur l'égalité homme femmes qui l'a amené redire son opposition à tout «accommodement raisonnable».

Et alors qu'il revenait sur la nécessité d'avoir une majorité claire pour gouverner, le candidat a conclu son discours en redisant son opposition à travailler avec le président du MoDem. «Ce n'est pas une question politicienne», a-t-il rebondi à la tribune, alors que ses concurrents lui reprochent de passer trop de temps sur la question. «M. Bayrou a choisi Ségolène Royal en 2007 et M. Hollande en 2017. Rendons-lui hommage dans sa constance à voter avec la gauche!», a lancé Nicolas Sarkozy. «Il est un allié fidèle de la gauche. Il n'a rien à faire dans notre majorité.» Alors que des «Sarkozy président» retentissaient dans la salle, le candidat a jugé c'était «un temps pour les marins solides et pas pour les girouettes».

Nicolas Sarkozy