Samedi lors de la Grande convention nationale de La belle alliance populaire.

Samedi lors de la Grande convention nationale de La belle alliance populaire.                                                                    Crédits photo : BENOIT TESSIER/REUTERS

« C'est l'enfer», «Je me sens triste» ou «Valls, c'est Hollande en pire» : les adhérents et cadres PS réunis samedi à la convention nationale de la Belle Alliance populaire ont fait part de leur « tristesse ». La possible entrée en campagne de Manuel Valls ne soulève pas les foules.

Grosse déprime au PS. Samedi, environ 2000 militants s'étaient rassemblés au Paris Event Center dans le XIXe arrondissement de Paris pour la convention nationale de La belle alliance populaire. 2000 personnes seulement alors que 8000 étaient potentiellement attendues. La convention nationale de La belle alliance populaire c'est une sorte d'Université d'Eté de La Rochelle, en hiver, sans la mer et sans entrain. Une réunion de famille terne, où même les parents ont manqué à l'appel. «C'est l'enfer, y'a que des nobody sur scène», râle un militant francilien, avant que les ministres présents ne prennent la parole. Tous ont la campagne de la primaire en tête, mais quasiment aucun candidat n'est présent. Beaucoup se sentent orphelins, après le renoncement de François Hollande.

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«Jeudi soir, je me suis senti triste, je ne m'y attendais pas. Je suis affecté mais je respecte sa décision», confie Jean-Marie, adhérent PS depuis 2006. La candidature probable de Manuel Valls ne le console pas. «Le premier ministre ne gagnera pas. Ce sera probablement Arnaud Montebourg le vainqueur, parce qu'il a mis la barre à gauche, mais de toute façon, je sais qu'on va perdre en mai prochain.»

 

Ce petit groupe de jeunes militants étudiants à la Sorbonne et flanqués de jolis blousons noirs préfère se retrouver à la buvette plutôt qu'écouter les innombrables et interminables prises de parole. Eux veulent garder la face. «Manuel Valls a une carrure d'homme d'Etat, la primaire va permettre le débat et un échange projet contre projet», commente l'un d'eux, 22 ans mais déjà adepte de la langue de bois. On sent quand même poindre la nostalgie chez ce bébé-Hollande. «Je me suis engagé pour la première fois pour la campagne de 2012, alors cette fin de quinquennat est forcément difficile.»

 

Un militant aimerait bien voir un autre ministre, en plus de Manuel Valls, se présenter à la primaire. Sous-entendu: voter pour le premier ministre, c'est compliqué. Dans les allées du hangar, on préfère rendre hommage à François Hollande plutôt que vanter le futur candidat. «On se rendra compte du bilan après, il y a eu des réelles avancées sur les questions sociales et le président a bien agi à l'international. On a critiqué l'homme, on a un peu trop oublié son programme et ses réalisations», se plaint Jalila, conseillère régionale à Montargis dans le Loiret. «Valls, c'est Hollande en pire», explique Mathieu, militant d'Indre-et-Loire, pas peu fier de sa formule. «Une grande partie de la famille légitimiste est perdue, ils vont réfléchir à leur choix. Mais il n'y aura pas de report automatique vers le premier ministre.»

Un autre militant ancien plaide pour le retour de Martine Aubry. «Bon, j'irai voter Valls. Parce que Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ont eu un comportement désastreux à l'égard du gouvernement», se résout-il. Un choix par défaut. Lui comme d'autres fera la campagne pour le vainqueur, sans passion. Dans une gauche éclatée, beaucoup plaident encore pour le rassemblement. Mais la probable entrée en campagne du premier ministre fait craindre la formation d'un front anti-Valls, prémice d'une véritable explosion du PS. Le premier secrétaire du pari Jean-Christophe Cambadélis, invité dimanche à 12h30 du Grand Jury RTL-Le Figaro-Lci, est prévenu.