Ne confondons pas éthique gouvernementale et marketing politique
Par Hervé Gattegno, lepoint.fr du 18 05...
Le gouvernement Ayrault impose aux ministres une charte de déontologie qui interdit notamment les conflits d'intérêts, le cumul des mandats et les violations du Code de la route. Votre parti pris : attention à ne pas confondre éthique gouvernementale et marketing politique. Mais encore ?
Difficile de ne pas souscrire à l'intention : les ministres doivent donner l'exemple, s'efforcer d'être irréprochables. On peut regretter qu'il faille leur faire signer un document - qu'un ministre s'engage à être intègre, ça devrait aller de soi. Dans le cas présent, l'effort de codification va au-delà : le texte fixe la valeur des cadeaux acceptables pour les ministres, le mode de transport qu'ils doivent choisir, les invitations qu'ils doivent refuser... C'est aller très loin (trop loin ?) dans le détail, pas assez dans les principes. Si l'on veut vraiment faire avancer la morale, il ne faut pas s'en tenir aux proclamations.
Par exemple : qu'est-ce qui vous paraît excessif dans ce texte ; et qu'est-ce qui vous paraît insuffisant ?
Prétendre que les cortèges officiels s'arrêtent aux feux et observent les limitations de vitesse, c'est démagogique. Si un ministre a une réunion urgente, on peut admettre qu'il ne reste pas dans les embouteillages. La baisse des salaires, elle, est un signal de solidarité, mais elle induit que les ministres ne méritent pas leur rémunération - et s'il s'agit d'"exemplarité", les fonctionnaires seraient-ils d'accord pour baisser leurs propres salaires ? Au-delà du marketing, ce qui manque, ce sont des sanctions - sans quoi, aucune règle n'est efficace. Des incriminations spéciales et des peines aggravées en cas de faute pénale. Et par exemple la transparence sur toute décision d'un ministre relative à sa ville ou sa circonscription. La meilleure surveillance, c'est celle des citoyens.
Sur la question des conflits d'intérêts, est-ce que le gouvernement en fait trop ou pas assez ?
La charte va dans le bon sens, mais il y a un test très simple : un projet de loi a été présenté en juillet 2011 au conseil des ministres pour réglementer ces questions. C'était une promesse de Nicolas Sarkozy pendant l'affaire Bettencourt : le texte n'a jamais été présenté à l'Assemblée. Le nouveau gouvernement pourrait le reprendre tel quel. Un autre sujet sur lequel on vérifiera la volonté d'éthique : le comportement douteux de grands élus locaux comme M. Guérini à Marseille, que le corporatisme politique, à droite comme à gauche, protège trop souvent. Le PS n'a pas beaucoup montré l'exemple sur ce point.
Il y a aussi dans cette charte une disposition qui interdit aux ministres d'exprimer un désaccord avec une décision du gouvernement. Vous approuvez ?
On pourrait l'appeler : la clause Chevènement - "Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne." En fait, c'est l'aboutissement de la campagne de François Hollande : bien des points ont été laissés dans le non-dit et les idées les plus contradictoires sont représentées au gouvernement - sur les déficits, l'Europe, le protectionnisme, la sécurité... Sous le couvert de l'éthique, on passe de la diversité à la discipline - à la caporalisation ? Sous Jospin (et Chevènement), les ministres parlaient beaucoup. Désormais, silence. Ce ne sera pas la gauche plurielle, mais la gauche... plus rien !
Hervé Gattegno,
publié le 18 05 2012 sur lepoint.fr
Pour une société responsable, solidaire et dynamique
Propositions pour un Projet du Cercle des Libertés Egales...Publié en janvier 2012...
A- Affronter la crise et retrouver la croissance en se donnant les moyens de la justice
1- Un Etat allégé, plus responsable et plus efficace
- L'Etat doit affirmer son autorité tout en concentrant son action sur la fixation des grands objectifs, la définition des politiques, les investissements et les interventions stratégiques. Déléguer, « faire faire » plutôt que faire, puis contrôler, doivent être les fils directeurs de son action. Pour une plus grande efficacité au moindre coût, il lui appartient de développer la prévention plutôt que l'action « curative », particulièrement dans le domaine de la sécurité, de la santé, de l'éducation.
- Diminution des dépenses publiques de fonctionnement, allègement des coûts des administrations et des services publics, limitation du statut des fonctionnaires aux seuls personnels qui remplissent une mission qui le justifie.
Accroître la concurrence dans les secteurs de l'énergie, des transports, de la santé. Concentrer sur les tâches essentielles et les plus difficiles, les personnels hautement qualifiés et formés : magistrats, professeurs, médecins, et en contrepartie élargir les responsabilités d'un personnel moins qualifié et moins coûteux : juges auxiliaires, assistants d'éducation et intervenants extérieurs, infirmiers...
Les économies directement liées à la limitation des dépenses publiques seront durant les cinq prochaines années, utilisées pour moitié à la réduction des déficits et pour moitié aux investissements productifs.
- Fin de la « politique du guichet », coupe sévère dans les aides de l'Etat, sauf celles directement utiles à la recherche, à l'investissement et à l'emploi. Les aides maintenues seront sélectives et conditionnées à la mise en œuvre, dans les entreprises, d'une politique sociale et de l'emploi généreuse et d'une politique d'investissements de long terme ; plutôt qu'aux grandes entreprises, elles seront prioritairement apportées aux petites et moyennes entreprises industrielles qui relocalisent ou développent de nouveaux sites de production en France.
- Fiscalité plus juste. Poursuite de la limitation des niches fiscales et du plafonnement de ces niches. Une lutte plus systématique contre les fraudes fiscales (et sociales) sera entreprise. Impôt sur le revenu : une tranche à 45% du revenu sera provisoirement instaurée, jusqu'au retour à l'équilibre des comptes publics.
- Nouveau mode de financement de la protection sociale. Une augmentation de l'ordre de 2 à 3 points du taux normal de TVA (les taux intermédiaires et réduits ne seront pas augmentés) permettrait de baisser les charges sociales pesant sur le travail, sans augmenter les prix des produits fabriqués en France (la baisse des charges venant compenser pour les entreprises la hausse de la TVA) et de faire contribuer les importations à notre politique sociale. Les charges sociales pesant sur les salariés seront réduites pour permettre de répondre à l'augmentation éventuelle du prix des produits importés.
- Clarification des compétences entre Etat, régions, départements. Ceci permettrait, non seulement de simplifier les procédures et les démarches des usagers, mais surtout de supprimer les coûts, les pertes de temps et d'efficacité liés aux doublons et aux chevauchements d'activité. L'Etat doit inciter les collectivités locales à diminuer les dépenses de fonctionnement en liant une partie des aides qu'il verse à la réalisation de cet objectif. Il doit permettre un développement harmonisé des territoires.
2- Une économie compétitive et créatrice d'emplois
- Aller vers un gouvernement économique de la zone Euro, qui donnera, grâce à une convergence accrue, une plus grande efficacité aux politiques budgétaires, fiscales et économiques de tous les Etats de cette zone. On peut suggérer également la mise en place d'une Politique Industrielle Commune (PIC), comparable à la PAC. Le développement de la recherche et de l'innovation est, pour l'Europe une nécessité vitale : elle devra investir directement dans ce domaine mais aussi aider les politiques nationales de recherche et leur permettre de mieux se coordonner ; les efforts des Etats dans le domaine de la formation et de l'enseignement supérieur seront soutenus et cordonnés ; pourra également être envisagée la création d'une Agence Européenne d'investissements (projet d'un grand emprunt européen de 1.000 milliards), et d'une Agence européenne de l'énergie.
- Dans l'Union européenne et à ses frontières, doit s'appliquer une concurrence « libre et loyale », ce qui signifie ni trop réglementée, ni débridée, ni faussée. En interne le respect de la concurrence ne doit pas empêcher la constitution de « champions » européens. Vis-à-vis de l'extérieur la liberté nécessaire des échanges doit être « équilibrée » ; l'Europe doit refuser le dumping fiscal, social ou environnemental, et son refus du protectionnisme ne doit pas la conduire à se montrer naïve. Il y va d'une de ses responsabilités : la protection des européens. Une taxe carbone sera instaurée aux frontières de l'Union Européenne.
- Favoriser, en France, la compétitivité des entreprises et l'augmentation des salaires par la possibilité donnée aux entreprises de sortir progressivement du carcan des 35 heures en liant négociations salariales et assouplissement des contraintes d'horaires de travail. Accorder de larges possibilités de temps partiel choisi. Les économies partielles réalisées sur les aides à la réduction du temps de travail et sur la défiscalisation des heures supplémentaires (plus de 10 milliards d'Euros annuels) seront utilisées pour inciter les entreprises à optimiser les créations d'emploi, et à développer l'embauche de jeunes et le maintien dans l'emploi des « séniors ».
- Liberté et responsabilité pour les entreprises : instaurer les conditions d'une concurrence loyale ; faciliter la création d'entreprises et favoriser le développement des grosses PME-PMI. Mettre en place un « Small Business Act » à la française. Favoriser les entreprises créatrices d'emploi et investissant dans la recherche et l'innovation. Un fond national d'investissement industriel doit être créé.
- Favoriser la « flexisécurité » : simplification du droit du travail et de la réglementation, avec, en contrepartie, un développement de la formation et des garanties pour les salariés. Faciliter le recrutement mais aussi le licenciement, avec une meilleure indemnisation des salariés et un nouveau droit à formation. L'Indemnisation du chômage doit être contractuelle et conditionnelle. Le montant des indemnités chômage doit être, dès le troisième mois, limité à 5.000 euros mensuels. Aller en 5 ans vers le contrat unique (limitation des CDD) et vers l'égalité salariale hommes/femmes. Elargissement du RSA. Développement de l'intéressement, de la participation au capital. Elaboration négociée d'une « Charte de l'entreprise citoyenne » fixant les droits et devoirs de toute entreprise.
B- Préparer l'avenir
- Action en faveur de la régulation et de la moralisation du capitalisme. Une contribution sur les transactions financières, destinée au développement durable et aux investissements sera instaurée, au niveau européen, et si cela s'avèrerait impossible, la France, accompagnée des pays qui le voudraient, l'instaurera. Prôner un rôle accru des organismes de coopération internationale.
- Droit d'insertion de la jeunesse : tout jeune de 17 à 20 ans doit se trouver soit en formation, soit en apprentissage, soit dans l'emploi, soit en « service civique » qui sera élargi en missions, en durée et en nombre de volontaires admis. Supprimer temporairement les charges sociales des « Très Petites Entreprises » lorsqu'elles embauchent un jeune. Elargir les conditions d'attribution du « RSA jeunes », notamment pour le suivi effectif d'une formation qualifiante. Accroître les gratuités ou quasi gratuités « jeunes », pour la culture, le sport, les transports.
- Education: Abaisser l'âge minimum d'obligation scolaire à 4 ans. Donner plus d'autonomie et de responsabilité aux chefs d' établissements et aux équipes éducatives ; instaurer les conditions permettant aux enseignants de retrouver l'autorité nécessaire et d'exercer pleinement leur métier ; accroître le temps passé par les enseignants dans les écoles, collèges et lycées ; assurer un suivi individualisé des élèves en difficulté ; sortir du « collège unique » en diversifiant les filières, les enseignements et les possibilités de formation; la formation en alternance doit devenir la règle (avec des modalités diverses selon les secteurs) dans la dernière année de chaque cursus scolaire ou universitaire ; évaluation publique régulière des établissements entraînant des effets en terme de moyens attribués, mais aussi évaluation des enseignants, en fonction de leur mérite et de leurs résultats, avec des effets en terme de formation, de carrière, de rémunération... Création d'un véritable service d'orientation, professionnel, intervenant à tous les niveaux et, particulièrement en fin de scolarité ; ouverture de l'école sur la société et l'entreprise, sur le monde culturel également, avec notamment l'intervention de personnes extérieures à l'éducation nationale.
- Universités: autonomie accrue, liberté du financement avec en contrepartie accroissement des bourses et surtout des prêts étudiants. Faciliter les échanges entre universités européennes.
- Formation : plus largement ouverte, contrôle de l'utilisation des fonds de la formation. Triplement en cinq ans de la formation en alternance et de l'apprentissage.
- Recherche et innovation, incitations supplémentaires à investir dans la recherche ; adoption, dans les organismes de recherche, d'une culture de "projets" versus "chercheurs fonctionnaires" ; généralisation des partenariats public/privé.
- Ecologie responsable : écologie de la croissance et non de la décroissance, écologie incitative et non punitive, écologie de la responsabilité et non de la contrainte. Priorité accordée aux secteurs des transports et de l'énergie : économies d'énergie et efficacité énergétique, voiture « sans essence », développement des énergies alternatives et de la production en France des installations et matériels, péage urbain à Paris et les très grandes villes (les recettes seront utilisées pour le développement de transports en commun urbains non polluants), développement du ferroutage. Un effort tout particulier doit être en fait en faveur de la création de logements permettant de fortes économies d'énergie.
C- Vivre mieux, ensemble
- Mise à plat du système des retraites pour application en 2017: système unifié d'une retraite par points; durée de cotisation liée à l'espérance de vie ; liberté de choix entre durée de cotisation et niveau de pension ; gestion d'une part d'épargne retraite en complément ; participation accrue des hauts revenus et des revenus du capital au financement.
- Santé : autonomie plus grande des hôpitaux avec direction bicéphale (un gestionnaire et un médecin), rationalisation des coûts par une politique de transparence, d'évaluation comparée. Aller progressivement vers le tarif unique (application par la S.S. d'un même tarif pour un même soin à tous hôpitaux ou cliniques, publics ou privés.) Médecine de ville : politique de prévention ; évaluation des bonnes pratiques ; développement des « maisons médicales » ; responsabilisation par un développement de franchises proportionnelles au revenu (les très bas salaires en seront dispensés). Mise sous condition de ressources des allocations familiales.
- Maîtrise de l'immigration et politique d'intégration. Lutte contre les filières d'immigration illégale et l'emploi de clandestins ; accords avec les pays sources pour une limitation des départs et une acceptation des retours. On doit parvenir à une situation où sont ramenés au minimum les clandestins « connus, tolérés, exploités ». Maîtrise concertée de l'immigration professionnelle.
- La recherche de la cohésion sociale est une nécessité, qui sera d'autant mieux remplie que l'accès à la nationalité française sera liée à certaines exigences et revêtira une certaine solennité ; on ira dans le même sens en mettant en œuvre une politique d'intégration et d'insertion ainsi qu'une lutte contre toutes les discriminations (à l'école, dans le logement, dans l'emploi, dans l'espace public...). Reconnaître et admettre l'expression de la diversité des cultures et des modes de vie, est le meilleur moyen de lutter contre les communautarismes. La recherche de l'égalité n'exige pas l'uniformité.
- Plan banlieues 2017 : il concernera les banlieues et les grandes banlieues.
Trois types d'interventions publiques qui bénéficieront de financements égaux :
1- Rendre plus « vivable » le territoire : sécurité (avec lutte prioritaire contre les trafics et l'économie souterraine), désenclavement (transports, présence de services publics), dédensification, rénovation immobilière.
2- Soutenir le développement économique et l'emploi : zones franches pour installations d'entreprises, aide aux initiatives locales individuelles ou collectives, éco- quartiers.
3- Aider les « parcours » individuels. Soutien personnalisé, contractualisé et suivi. Développement du micro-crédit.
- Poursuivre la lutte contre l'insécurité et la délinquance, en utilisant à la fois la prévention (avec, au plan local, le rôle prioritaire du maire), la sanction (privilégier les travaux d'intérêt général par rapport à la prison) et l'application effective des décisions de justice. La délinquance des mineurs exige des modifications législatives rigoureuses et, pour l'application des sanctions, un accroissement des établissements éducatifs fermés. La lutte contre les trafics et la délinquance transfrontalière exige une plus grande coopération européenne, policière et judiciaire.
- Démocratie approfondie et élargie
Instaurer une part de proportionnelle (de 10 à 15%) aux élections législatives, limitation du nombre de mandats à 2, à condition que l'un soit un mandat local non exécutif. Alternance homme/femme sur les listes ou (pour les scrutins majoritaires), ticket obligatoire Hommes/Femmes à toutes les élections.
Réforme de la justice : accroître le nombre et le rôle des auxiliaires de justice, et développer les investissements, notamment informatiques. Rendre la justice plus rapide et appliquer ses décisions.
Rôle accru des associations, et de la politique contractuelle entre acteurs sociaux.
Revoir les règles de nomination dans l'audiovisuel public en redonnant tout son rôle au CSA.
Egalité concrète des chances : faire plus pour ceux qui partent avec un handicap, qu'il soit personnel ou social, (« inégalités compensatrices »).
Réformes sociétales : signature en mairie du PACS qui donnera les mêmes droits et devoirs que le mariage. Un couple homosexuel ne pourra pas se voir refuser d'adopter pour ce motif. Ouvrir un débat national permettant d'aller, si nécessaire, plus loin dans le sens de la dignité de la fin de vie... Concrétiser et favoriser le civisme, et le respect de la laïcité.
D- Une France active et utile au monde
- Relancer l'Union Pour la Méditerranée: la recentrer autour des seuls pays riverains ou proches de la mer Méditerranée
- Agir pour le droit des peuples à l'indépendance et à la sécurité
- Elargir les capacités de défense et de projection de l'Europe dans le cadre d'une coopération loyale avec l'OTAN.
- Participer à la lutte internationale contre le terrorisme
Cercle des Libertés Egales
19 janvier 2012
Importance des Législatives
Le Cercle des Libertés Egales, s'engage dans les législatives.
La passation des pouvoirs a eu lieu. Dignité, élégance et esprit républicain, depuis le 6 mai au soir, Nicolas Sarkozy a fait un « sans faute » et a réussi sa sortie. Cela comptera pour l’avenir, dans le cas où…
Le Cercle des Libertés Egales, qui est en cercle de réflexion social-libéral, a mis quelque peu entre parenthèses, pendant ces dernières semaines, son caractère de cercle de réflexion pour soutenir activement la campagne de Nicolas Sarkozy. Il va revenir progressivement vers cette activité d’étude et de propositions, dont on distingue déjà l'annonce, dans certains des derniers articles publiés, sur ce blog.
Pourtant nous n’avons pas quitté le temps électoral et, en concomitance avec la réflexion sociale libérale, nous nous engagerons dans la campagne des élections législatives, même si nous le ferons de manière moins exclusive que dans la campagne présidentielle.
Nous nous engagerons dans la campagne législative parce qu’elle revêt une importance capitale pour l’avenir de notre pays et celui des Français. Et nous nous y engagerons, je m’y engagerai personnellement, en soutien aux candidats présentés par l’Union UMP/Centristes.
Il s’agit dans cette élection, comme dans toute élection législative, de décider de l’application d’un programme pour les 5 ans qui viennent, de choisir une direction pour la France. S’il ne correspond pas complètement à ce que des sociaux-libéraux pourraient souhaiter idéalement, le programme qui sera celui de l’Union UMP/Centristes, nous paraît, sans conteste, le plus apte à assurer l’avenir de la France et la protection des Français.
Nous avons, durant toute la campagne présidentielle, mis en garde contre le programme présenté par François Hollande, programme dont la dangerosité et l’irréalisme seraient encore aggravés par les pressions que ne manqueraient pas d’exercer ses alliés, communistes, gauche radicale et verts. Ce que nous avons dit pendant la campagne, nous le pensons évidemment aujourd’hui encore, et nous y conformons notre action. Nous voulons éviter l'application de ce programme!
Oui, il faut éviter l’application du programme socialiste, et pour cela, une solution existe : républicaine, prévue par notre Constitution et déjà utilisée à trois reprises par les Français, à leur satisfaction : c’est la cohabitation. C'est-à-dire donner la majorité à l’Assemblée Nationale, à l’Union UMP/Centristes.
En effet, en France, l’élection décisive, quoi que l’on pense souvent, c’est l’élection législative. Quel que soit le Président, et sa couleur politique, il est tenu de nommer Premier ministre celui qui obtient la majorité parlementaire, et c’est le programme de ce Premier ministre, appuyé par sa majorité, qui est appliqué. Ce programme, et pas un autre.
C’est pourquoi, nous nous engageons avec détermination et confiance dans le soutien au programme de l’Union UMP/Centristes, et de ses candidats, qu’ils appartiennent à l’UMP, au Nouveau Centre ou au Parti Radical.
Marc d’Héré
Tous ceux qui seraient intéressés par une activité, non politicienne, d’études, de réflexion, de propositions sociales-libérales (et européennes), peuvent nous rejoindre au Cercle des Libertés Egales…Une réunion de (re) fondation de ce Cercle aura lieu à Paris le 21 juin prochain. N’hésitez-pas à vous adresser à moi pour toutes informations ou précisions que vous pourriez souhaiter.
Hollande et son destin
Editorial de Claude Imbert, Le Point du 10 05 2012...
L'inconnu dans la maison France ! Au gouvernail de la Nation, une énigme. Hollande atterrit à l'Élysée porté par la magie du changement et sa fatalité dans les démocraties des temps de crise. Porté surtout par le rejet acharné et quasi maniaque de Sarkozy. Hollande n'eut qu'à planer sur son vent dominant.
La gauche reçoit donc en pleine tempête le cadeau empoisonné de l'alternance. Mais de quelle gauche s'agit-il ? Et pour quelle France ? Dans la liesse et les vivats, le peuple de gauche ne fait pas encore le tri d'une brassée de chimères. Son héros a fleuri, c'est bien le moins, le totem séculaire de l'égalité, insulté l'argent, la finance, expédié quelques fusées fiscales sur les riches. Mais c'est avec la crise, avec l'euro, avec l'Europe, les marchés, le cours du monde que le nouveau président a rendez-vous. Et c'est en vérité la crise, hydre à mille têtes, qui dira quelle gauche installe à l'Elysée ce voyageur sans bagages.
Blague de l'énigme insoluble : la France vogue sur une mer en colère, le grand mât est cassé, la jauge du déficit pèse 1 700 milliards, il y a 65 millions de passagers à bord, on est en mai, par vent d'est, question : où va le navire ? Et quel est l'âge du capitaine ?...
Son âge, 57 ans ! Mais qui sait où va le navire ? Hollande, peut-être. Mais rien n'est moins sûr. Car ni lui ni la France ne disposent des meilleurs atouts.
En attendant, le grand roman de la politique se délecte de sa fabuleuse élévation. Celle d'un improbable coucou du sérail socialiste hissé, en quelques mois, à la monarchie républicaine.
Contre l'"enfant barbare" de Neuilly, Hollande, normal, s'affiche vêtu de la normalité française. Silhouette de réussite bourgeoise, adolescence de gauche chez un papa de droite, ascension d'un fort en thème jusqu'à la couveuse énarchique.
Le jeune Parisien - qui aime le foot, l'éclair au chocolat et les petites blagues - épouse une normalité politique à la française en s'immergeant dans le ventre provincial de l'Hexagone, matrice de toutes nos présidences : Cantal de Pompidou, Auvergne de Giscard, Nièvre de Mitterrand, Corrèze de Chirac. Et donc à nouveau la Corrèze ! Le jeune élu y apprendra le carriérisme électoral d'une France antique et romaine, à la ruralité agonisante, où s'entretiennent, de Queuille à Chirac, la nostalgie du clocher et les vertus de l'inaction. Pendant ce temps, à Paris, dans la pétaudière socialiste, l'apparatchik, protégé d'humour et d'esquives, progresse en chattemite, devient le prince consort d'une Ségolène présidentiable...
C'est alors que, tout à trac, Hollande change de femme, de lunettes et de régime. Devant les éléphants du parti goguenards, le Petit Chose du PS, devenu le Florentin des comités Théodule, s'avance droit et seul dans l'arène de la primaire. Il brave un DSK alors en pleine gloire médiatique.
Voici l'heure du destin et son coup de pouce ! Le romancier retient, en nez de Cléopâtre, les fesses providentielles de Mme Diallo. Mais le vrai ressort, c'est l'explosion en pleine lumière d'une ambition longtemps macérée. Hollande et son pédalo quittent le cabotage pour le grand large.
Le politicien se fait homme d'État quand il oublie ce qu'il fut pour épouser la Nation. Si l'on s'en tient au programme socialiste de Hollande, on peut craindre le pire. Il respire la vaine illusion d'une croissance venue d'ailleurs pour éviter les coupes claires dans la dépense publique. De ce programme déjà éventé qui bientôt se souciera ? Dans son bref état de grâce, Hollande quittant une France en déclin rencontrera, avec Obama, Merkel et consorts, un Occident peu à peu dépouillé d'un monopole séculaire d'influence. Avec, en son sein, une Europe vieillie, surendettée, désarticulée.
Hollande sait qu'il n'aura pas, comme Mitterrand en 1981, deux ans pour expier les erreurs d'un début euphorique. Le pouvoir présidentiel fait de lui un capitaine solitaire aux mains libres. Il trouvera, cramponnés à ses basques, des socialistes à l'ancienne comme seule la France en produit. Mais, Dieu merci, il bénéficiera d'une garde rapprochée, aguerrie et "moderne", des Valls, Pascal Lamy ou Jouyet... Nombre d'entre eux ont dans les gènes le réformisme deloriste ou rocardien.
Européen convaincu, Hollande n'arrive pas aux affaires sans biscuits. Ses alliés naturels seront, en Europe du Nord, les social-démocraties déjà converties à la grande réformation. Son adversité, en France, sera, comme chez ses voisins du Sud, le nationalisme protectionniste et xénophobe qui fait entendre partout sa rumeur.
La grande affaire, plutôt pathétique, de Hollande, c'est d'être digne de son destin. Loin de la Corrèze et des sérails parisiens, ce destin l'expédie en apesanteur dans un espace anormal, énigmatique. Celui de l'Histoire.
Claude Imbert, Le Point
Ensemble, choisissons la France
Par Jean-François Copé...
La campagne présidentielle a été un moment intense de mobilisation et de ferveur autour de Nicolas Sarkozy, même si malheureusement elle ne nous a pas permis de l’emporter. Mais souvenons-nous que les sondages donnaient plus de 20 points d’avance à François Hollande. Finalement un point et demi nous sépare de la victoire.
Tout cela est dû à l’énergie formidable de Nicolas Sarkozy –un Président exceptionnel, injustement caricaturé par le petit monde des médias mais auquel l’Histoire rendra justice- et aussi à la mobilisation extraordinaire dont vous avez fait preuve. Nous n’oublierons jamais les images du peuple de France rassemblé à Villepinte, à la Concorde, au Trocadéro dans une marée de drapeaux bleu-blanc-rouge. Vous avez été les premiers acteurs de cette campagne inoubliable et je veux vous dire un grand merci !
Le combat est loin d’être terminé. L’heure reste au rassemblement et à la mobilisation générale. Les résultats de la présidentielle nous prouvent que nous avons nos chances de l’emporter aux élections législatives. Ces élections seront cruciales. Si la nouvelle gauche plurielle, socialiste-communiste-verte, gagne, elle aura tous les pouvoirs : la Présidence de la République, le Gouvernement, l’Assemblée nationale, le Sénat, la majorité des grandes villes, des régions, des départements... Ces élections législatives des 10 et 17 juin prochains sont donc la dernière possibilité d’empêcher François Hollande d’appliquer sa politique qui risquerait de précipiter notre pays dans une situation économique analogue à celle de la Grèce ou de l’Espagne.
Les Français doivent prendre conscience que le projet de François Hollande est dangereux pour l’avenir de la France et des Français sur au moins 6 points :
1/ La dette : renoncement à la règle d’or budgétaire, embauche de 65 000 fonctionnaires, retour à la retraite à 60 ans ; rien dans le projet de François Hollande ne permettrait à la France d’éviter à terme la faillite. A l’inverse, nous nous engageons à réduire les dépenses publiques et à revenir à l’équilibre budgétaire en 2016 pour ne pas dépendre des marchés financiers.
2/ le matraquage fiscal des classes moyennes, des salariés et des PME : limitation du quotient familial, rétablissement des droits de succession, suppression de l’exonération des heures supplémentaires, augmentation des cotisations des salariés et des professions libérales ; le pouvoir d’achat serait le premier perdant de l’application du projet socialiste. Nous préférons conserver notre politique familiale et baisser les cotisations des salariés pour augmenter les salaires nets.
3/ L’emploi : augmentation des allocations sociales sans contrepartie, augmentation des cotisations salariales et patronales ; la gauche refuse de s’attaquer à la question de l’érosion de notre compétitivité, cela se traduirait par une explosion des délocalisations. Nous voulons au contraire diminuer le coût du travail pour 14 millions de salariés et soutenir nos PME afin de protéger nos emplois et de produire en France. Nous ferons en sorte que le travail paye toujours plus que l’assistanat.
4/ Le communautarisme : en donnant le droit de vote des étrangers, en régularisant massivement les clandestins, la gauche menacerait notre cohésion nationale. Nous refusons de donner le droit de vote aux étrangers car le droit de vote doit rester indissociable de la nationalité. En outre, pour réussir l’intégration nous voulons réduire l’immigration.
5/ Le laxisme : suppression des peines-plancher pour les récidivistes et de la rétention de sûreté pour les criminels les plus dangereux, libération d’un délinquant pour en incarcérer un autre ; la gauche préfère la culture de l’excuse à la protection des victimes. Nous assumons le choix de la fermeté pour préserver la sécurité, première des libertés : nous renforcerons les sanctions contre les récidivistes et construirons 24 000 places de prison afin que toute peine prononcée soit effectivement appliquée.
6/ la perte de souveraineté : l’anéantissement de notre industrie nucléaire prévu dans le cadre de l’accord entre les Verts et le PS menace notre indépendance énergétique. Nous ne braderons jamais les fondamentaux de la souveraineté de la France pour des raisons électoralistes.
Pour faire barrage à la gauche, notre famille politique est totalement rassemblée. Face à une gauche archaïque et dangereuse, face à un FN qui a toujours fait le choix de la politique du pire, en juin, ensemble, choisissons la France, soutenons les candidats UMP !
Jean-François Copé
Remarque: Soutenons les candidats UMP dit JF Copé, c'est naturel, je dirais que le vote peut aussi se porter sur des candidats Nouveau Centre ou Radical...L'essentiel étant d'assurer l'élection d'un maximum de députés de l'UNION UMP/CENTRE.
marc d'Héré
Ces 12 problèmes qui devraient empêcher les Européens de dormir
Atlantico.fr, avec le point de vue de l'économiste Nicolas Bouzou...
La crise semble être entrée dans une nouvelle phase : des injections massives de liquidités ont permis à des pays comme l'Espagne, l'Italie ou le Portugal de bénéficier d'une période de répit. Toutefois, seule la capacité des dirigeants européens à promouvoir la croissance et à imposer des réformes durables permettra de savoir si la zone euro - telle que nous la connaissons - va survivre ou mourir.
1 - Dégradations des notes souveraines
L'agence d'évaluation financière Standard and Poor's (S&P) a une nouvelle fois abaissé la note de l'Espagne, s'inquiétant de la récession qui complique ses objectifs budgétaires. Elle a été abaissée de deux crans, passant de de "A" à "BBB+". Pire : la perspective associée à cette nouvelle note est "négative", ce qui signifie que l'agence envisage la possibilité d'un nouvel abaissement.
Des analystes de Citi prédisent que l'Italie, le Portugal et l'Irlande pourraient aussi voir leur note dégradée dans l'année. Ils pensent même que des pays comme les Etats-Unis ou le Japon subiront une dégradation encore plus abruptes dans les deux ou trois prochaines années. Si plusieurs agences dégradent une même note, cela pourrait se traduire par une plus grande défiance des investisseurs envers le secteur bancaire, et ajouter des inquiétudes relatives à la raréfaction des actifs sûrs.
Nicolas Bouzou : La révolution financière de ces derniers mois, c’est que ce que l’on appelait l’actif sans risque n’existe plus. Aujourd’hui, tous les placements sont risqués. Qu’il n’y ait quasiment plus aucun pays noté AAA l’illustre bien. Et tant que des Eurobonds n’auront pas été créés, cette situation très dérangeante pour le secteur financier perdurera.
2 - Le déclassement des banques européennes
Le sort de 114 banques européennes sera scellé début mai par l'agence de notation Moody's. Certaines sont menacées de dégradation en raison de l'instabilité financière dans la zone euro. Premières dans la collimateur : les banques italiennes. Viennent ensuite les banques espagnoles - 21 d'entre elles font partie de cette série d'entreprises examinées - puis autrichiennes, suédoise, norvégiennes, allemandes (notamment Deutsche Bank et Commerzbank), danoises et françaises (parmi elles BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Natixis).
Nicolas Bouzou : Il faut bien voir que la politique monétaire menée par la BCE ces derniers mois (ce que l’on a appelé le LTRO) a permis d’éviter un credit crunch, mais a également fragilisé les bilans bancaires. En effet, les banques ont emprunté après de la BCE pour replacer en obligations d’Etat. Bien sûr, cela a détendu les taux obligataires, mais cela a aussi renforcé le poids des obligations espagnoles, italiennes et portugaises dans les bilans bancaires. Comme souvent en politique économique, on a déplacé et repoussé les problèmes, sans les régler.
3 - Le processus de feed-back entre les Etats souverains et les banques
La BCE commence tout juste a sentir le contrecoup des opérations de refinancement qui ont fourni de l'argent peu cher aux banques. Au départ, ces nouvelles liquidités ont augmenté la demande d'obligations souveraines, entrainant une diminution drastique des taux d'intérêt pour des pays comme l'Italie, l'Espagne ou le Portugal.
Les investisseurs se sont inquiétés du fait que les banques espagnoles et italiennes notamment détiennent des quantités élevées de dette souveraine, reliant ainsi plus étroitement la viabilité du pays à son secteur financier. Les analystes s'inquiètent de cette relation : si le secteur financier est menacé, il risque de mettre à mal la dette souveraine, et vice versa. Une sorte de spirale infernale.
Nicolas Bouzou : C’est typiquement le processus que je viens de décrire. C’est pourquoi les banques ont besoin de davantage de capitaux propres et de ratios de liquidité plus stricts. C’est l’objet de la mise en œuvre de Bâle 3. Mais là encore rien n’est simple, car Bâle 3 contraint aussi les banques à prêter moins, ce qui peut peser sur la croissance économique.
4 - Les querelles entre la BCE et la Bundesbank
Nicolas Bouzou : La classe politique allemande (gauche comprise) reste très orthodoxe. Il me semble néanmoins qu’un compromis pourrait être trouvé. On pourrait parfaitement dire aux Allemands : vous êtes plus souples sur le rôle de la BCE, et en contrepartie nous réformons nos systèmes sociaux pour réduire les déficits. Problème : François Hollande n’a pas inscrit dans son programme de réforme de l’Etat et encore moins des systèmes sociaux.
5 - Le secteur bancaire espagnol sous pression
Le taux de prêts non performants des banques espagnoles a atteint 8,16% en février dernier : son plus haut niveau depuis 1994. Et les mesures d'austérité mises en place par le gouvernement en vue de contenir son déficit devraient faire empirer ce chiffre, dans la mesure où de moins en moins de foyers et d'entreprises peuvent rembourser leurs prêts. De plus en plus d'économistes s'accordent à dire que les banques espagnoles devront avoir recours à un plan de sauvetage dans un futur proche pour garder la tête hors de l'eau.
Pire : l'Espagne est devenue dépendante de ses banques pour payer la facture de leurs émissions de dette, ce qui signifie que le gouvernement est lui aussi sous le feu des marchés.
Nicolas Bouzou : Ce qui veut dire que l’Espagne aurait besoin de transferts financiers massifs venant d’un budget européen. En d’autres termes, les pays de la zone euro en difficulté devraient être mis sous tutelle comme une collectivité locale peut l’être dans un pays. La zone euro n’est donc viable que si ceux qui veulent en faire partie font le choix d’une Europe Fédérale ou, pour être plus précis, d’une « souveraineté partagée ».
6 - Les régions espagnoles doivent se serrer la ceinture
Régulièrement épinglées par les agences de notation, les régions espagnoles représentent environ 35 % des dépenses publiques espagnoles. En 2011, ce sont ces administrations qui ont provoqué en grande partie le dérapage du déficit public : 8,5% du PIB, bien au-dessus des 6% exigés par Bruxelles. Le gouvernement Rajoy multiplie les pressions pour qu'elles aussi se plient à la règle de l'austérité.
Nicolas Bouzou : L’Espagne recentralise les dépenses publiques mais attention à ne pas faire d’amalgame. En France, c’est l’inverse qu’il faut faire. Les collectivités locales sont globalement dans une situation financière bien plus saine que l’Etat et la Sécurité Sociale.
7 - La taille des plans de sauvetages européens
Alors que les dirigeants européens se sont finalement mis d'accord pour ajouter 500 milliards d'euros pour financer le Mécanisme européen de stabilité aux quelques 200 milliards promis pour refinancer la Grèce, le Portugal et l'Irlande, la plupart des analystes s'accordent à dire que ce montant est insuffisant pour être réellement efficace.
Nicolas Bouzou : Bien sûr, mais cela renvoie à la question de l’Europe Fédérale, qui doit être tranchée démocratiquement.
8 - La montée des eurosceptiques
Le score important réalisé par Marine Le Pen lors du premier tour de la présidentielle est venu confirmer l'importance grandissante prise par les eurosceptiques. Les Démocrates de Suède (SD), parti héritier d'une ex-formation néo-nazie, ont fait récemment leur entrée au Parlement. Aux Pays-Bas, le parti d'extrême droite islamophobe a fait tomber le gouvernement en s'opposant au "diktat" de Bruxelles sur la réduction du déficit public dans le pays.
La Commission européenne a donc exhorté lundi 2 avril les dirigeants européens "à ne pas céder" à la "menace" populiste. Le président de la Commission, José Manuel Barroso, et de nombreux commissaires "ont souvent appelé les leaders européens à ne pas céder à la tentation des discours populistes et continuer avec nous à faire avancer l'Europe de la paix et de la croissance", a dit Olivier Bailly, un porte-parole de José Manuel Barroso.
Nicolas Bouzou : J’avais analysé ce point dans mon ouvrage Le Chagrin des Classes Moyennes. La montée de l’extrême droite en Europe est liée au rejet du couple « mondialisation / progrès technique ». C’est un classique dans l’histoire économique. La solution, c’est la pédagogie. Il faut s’adapter à ce contexte et se positionner dans la chaîne de valeur de façon à en bénéficier, mais pas le rejeter. Une politique de démondialisation serait certes égalitaire mais aussi réactionnaire. Autrement-dit, le pays régresserait dans une égalité partagée !
9 - La Grèce peut-elle / veut-elle tenir ses promesses ?
Les Grecs étaient appelés à renouveler pour quatre ans les 300 sièges du Parlement lors d'élections anticipées. Les deux partis grecs pro-austérité, le Pasok (gauche) et "Nouvelle démocratie" (droite) ne rassemblent que 149 sièges sur 300 au Parlement, soit 32 % des voix à eux deux. Un score insuffisant pour obtenir ensemble une majorité absolue (fixée à 151 sièges) qui leur aurait permis de former un nouveau gouvernement de coalition. Les radicaux de gauche ont quant à eux fait une percée historique avec leur parti de coalition "Syriza". Avec 16,67 % des voix, il s'affirme comme la deuxième force politique du pays derrière Nouvelle démocratie (18,8 % des voix) tandis que le parti communiste grec (KKE) a recueilli 8,44% des suffrages.
La ND et le Pasok, pour former une coalition, devront donc courtiser les petits partis hostiles au plan de renflouement, condition du versement de l'aide financière internationale de 130 milliards d'euros, ce qui pourrait obliger Athènes à revenir sur ses promesses, voire à sortir de l'euro.
Nicolas Bouzou : La gauche radicale grecque veut rester dans la zone euro sans réduire les dépenses publiques. Elle veut donc le beurre et l’agent du beurre. Mon sentiment, c’est que la sortie de la Grèce de la zone euro devient une option plausible, ce que je regrette profondément.
10 - Le référendum irlandais inquiète les marchés
L'annonce du Premier ministre irlandais en février dernier d'organiser un référendum pour valider le nouveau pacte budgétaire européen, qui risque d'isoler l'Irlande en cas de refus et de jeter un froid sur la zone euro, se ressent sur les marchés. L'euro s'est affaibli et les taux à dix ans de la dette irlandaise, qui n'ont cessé de se détendre depuis fin novembre, sont repartis à la hausse. En moins d'une semaine après l'annonce, ils sont passés de 6,75% à 6,86%.
Dans une note, l'agence américaine Moody's insiste sur les risques que poserait un "non" irlandais pour l'économie du pays, ainsi qu'à l'échelle européenne : "Cela disqualifierait l'Irlande d'accéder au Mécanisme de stabilité européenne (MES), dont il devrait dépendre, au moins partiellement, une fois que le programme du FMI aura expiré l'année prochaine."
Nicolas Bouzou : Là encore, c’est la question de l’Europe Fédérale qui est posée.
11 - Le problème de la hausse de la dette au Portugal
Bien plus que l'Espagne ou l'Italie, le Portugal risque bien d'être mis en défaut de paiement. Sous assistance financière de l'UE et du FMI depuis mai 2011, le pays a emprunté la semaine passée 1,5 milliard d'euros en bons du Trésor à six et douze mois, soit le montant maximum visé, à des taux d'intérêt en légère hausse par rapport aux dernières opérations comparables.
L'économie devrait, selon les estimations officielles, se contracter de près de 3% cette année. Face à cette situation et à celle de la voisine Espagne, principal partenaire économique du Portugal entrée également en récession, bon nombre d'analystes estiment que le Portugal pourrait avoir besoin d'un nouveau plan d'aide.
Nicolas Bouzou : Même remarque que pour l’Espagne.
12 - Croissance VS austérité ?
Alors que les principaux dirigeants européens semblent encore une fois prêts à imposer des budgets drastiques aux pays dont la situation financière est la plus inquiétante, d'autres se demandent si cette stratégie est le plus efficace et la remettent en cause.
Nicolas Bouzou : J’ai toujours expliqué que l’austérité au sens des hausses d’impôts et des coupes aveugles dans les dépenses était une impasse, car elle conduit à des effets keynésiens négatifs : la demande globale baisse, la production et les recettes fiscales. Les pays européens doivent engager des réformes qui tout à la fois rehaussent leur potentiel de production et réduisent la part de la dépense publique dans le PIB : retraites, santé, fiscalité… Mais cela demande un effort préalable pédagogique que nous n’avons pas fourni en France.
La France va regretter Sarkozy
Par Philippe Tesson, LePoint.fr...
Publié le 10 mai.
L'hommage que recueille dans le pays depuis sa défaite Nicolas Sarkozy n'est certes pas unanime, mais il est étrangement plus ample qu'on ne l'attendait. C'est ainsi que l'on entend, dans le peuple comme parmi les "élites politiques", des voix qui s'étaient naguère mêlées au concert d'imprécations et de sarcasmes dont le président fut l'objet s'élever aujourd'hui pour vanter ses mérites et ses qualités. Encore un peu et ses adversaires d'hier vont le regretter ! Ce fut le cas, toutes choses égales, pour de Gaulle.
La France est décidément bien frivole et inconstante. Elle a la lucidité tardive. Elle pleure même Chirac ! Elle se détache aussi vite qu'elle se donne, et lorsque le mal est fait, elle se mord les doigts, se repent et se reprend.
Il est vrai que Sarkozy n'a pas toujours fait ce qu'il fallait pour se faire aimer. Ce n'était pas par provocation, c'est dans sa nature. Nature : naturel. On dit d'un homme dénué de toute affectation qu'il est naturel. Franc, sincère. Le contraire de l'artifice et de la démagogie. Ce n'est pas dans l'usage de la tradition politique française. Sarkozy a heurté la frileuse sensibilité nationale, l'exquise délicatesse d'un peuple ô combien raffiné. Bayrou avait comparé Sarkozy à un "enfant barbare". Bayrou, lui, est un adulte civilisé. On voit ce que cela donne. Comparez. Vive les enfants barbares !
Haine opiniâtre de la gauche
On pensait à tout cela mercredi en voyant les images du dernier conseil des ministres et en entendant les membres du gouvernement défunt pleurer leur chagrin et leur malchance. Parmi eux, il y avait François Fillon, le seul qui ne soit pas aujourd'hui un orphelin désemparé parce qu'il a un passé particulier, et un avenir assuré. Ce passé mérite un hommage, dont on s'étonne qu'il ne lui soit pas rendu publiquement avec plus d'éclat.
Fillon, en effet, est étroitement associé au bilan de Sarkozy, sur lequel un Français sur deux porte un jugement positif si l'on en croit la sanction électorale, sans compter ceux qui ont voté Hollande pour la seule raison qu'ils "détestaient" la personne du président sortant. Fillon est le co-auteur de ce bilan. À Sarkozy la poétique, à Fillon la pratique. Ce fut un couple parfait, et peu importent les orages qui le traversèrent, qui font les couples les plus efficaces et qui relèvent de la chronique people. Le sang-froid, la persévérance, la fidélité et le talent de Fillon ont très largement contribué aux résultats d'une politique dont l'histoire reconnaîtra le moment venu les mérites, parmi lesquels la clairvoyance, l'intelligence et le courage.
Que la France ait connu durant cinq ans une paix civile et une stabilité politique rarement atteintes dans le passé, en dépit des effets d'une action réformatrice audacieuse et malgré la haine opiniâtre que celle-ci stimula à gauche, on le doit évidemment à Nicolas Sarkozy, qui l'a payé cher, mais aussi à François Fillon, qui en sera certainement récompensé un jour.
Philippe Tesson, Le Point.fr,
Nicolas Sarkozy a été le Président du courage
Publié sur le blog de François Fillon...
Mes chers concitoyens,
La Nation s’est exprimée et le choix du peuple doit être accepté avec respect.
François HOLLANDE sera notre président de la République. Je lui adresse mes vœux de réussite dans l’exercice de son mandat au service de la France toute entière.
Je remercie avec émotion toutes celles et tous ceux qui ont voté pour Nicolas SARKOZY. Avec eux, j’ai défendu l’action et le projet que portait le Président.
Je ne regrette rien de cet engagement. Je suis fier d’avoir été son Premier ministre pendant cinq ans. Je suis reconnaissant à la majorité parlementaire et aux Français qui nous ont accordé leur confiance dans des circonstances difficiles.
Je rends hommage au Président Nicolas SARKOZY. L’Histoire lui rendra justice pour les réformes accomplies et la manière dont il a affronté la crise.
Jamais il n’a baissé les bras ! Jamais il ne renonça à moderniser notre pays ! Il a été le Président du courage.
Avec les élections législatives, un nouveau combat commence.
A tous les Français qui ont ce soir le cœur en peine, je dis : pas d’amertume, pas de ressentiment, pas d’abattement !
Je m’engage avec eux et avec ma famille politique !
La France vit des temps difficiles, et nous devons lui être utiles, par nos valeurs, par notre courage, par notre lucidité. Aucune illusion ne peut dissimuler l’ampleur des transformations du monde. Aucune illusion n’amortira le choc qui atteint notre modèle économique et social.
La France doit affronter la vérité !
La force de la nation dépend de notre force de caractère.
L’idéal républicain doit nous élever au dessus des peurs et des extrêmes. C’est ce qui a toujours guidé mon engagement. Je crois en l’honneur de la Droite et du Centre qui doivent unir leurs efforts.
Je sais que notre peuple continuera de se forger un destin à la hauteur de son histoire. Je m’engage à le servir !
Vive la République. Et vive la France.
François Fillon, sur son blog: http://www.blog-fillon.com/
Quelques remarques après l'élection
François Hollande a gagné. Il est le septième président de la Vème République. Il faut l’admettre et l’accepter, sans que cela oblige à la langue de bois, à l'éloge et à la satisfaction convenue.
1- La victoire du socialiste a été obtenue après une campagne de bas niveau. Au lieu d’en faire un moment d’analyses sérieuses et de présentation claire et sincère, d’un projet et de propositions, Hollande en a fait une campagne de critiques de mauvaise foi, d’attaques personnelles, de mensonges et de « fausses affaires », ainsi que d'évitement et d'esquive sur son propre programme.
2- Malgré le prétendu « rejet » général de Nicolas Sarkozy, cette victoire est une victoire « courte » (51,6% des voix), obtenue grâce au soutien de la quasi-totalité des médias (et notamment, ce qui pose un vrai problème, des médias du service public) et avec l’aide puissante du Front National de Marine Le Pen. Leurs nombreux votes blancs ont favorisé leur allié objectif de toujours, le socialiste. François Bayrou a, comme il se doit, apporté au vainqueur annoncé sa petite (toute petite) pierre…Il en sera sans doute remercié !
3- Nous avons vu et entendu deux réactions bien différentes de la part des deux protagonistes hier soir. Nicolas Sarkozy a été digne, sincère et éloquent dans la défaite. Hollande a fait, tardivement, un discours plat, aux mots ternes et aux idées courtes. Je le sais, et j’en ai eu plusieurs témoignages, à 21 H.40, ce fut, pour beaucoup de ses électeurs, la première déception. Ajoutons-y, pour l’anecdote, une « présence » constante, insistante et incongrue de sa compagne, qui contraste avec la discrétion et le tact qu’a toujours su conserver l’actuelle première dame.
4- François Hollande se félicite de voir que beaucoup de leaders européens, au pouvoir ou dans l’opposition, semblent partager sa volonté de permettre à l’Europe de ne pas négliger la croissance. C’est logique et ne change pas, sur ce plan, avec la volonté de Nicolas Sarkozy. Mais qu’il se méfie du vocabulaire. Les dirigeants européens ne mettent pas, sous ce mot de croissance la même politique que le socialiste français. Ils y mettent davantage de réformes structurelles, d’assouplissement économique, de liberté et de responsabilité, quand il y met plus de « keynésianisme », d’assistanat et d’alourdissement des prélèvements.
5- Le président Sarkozy restera sans doute dans l’histoire comme le Président le plus réformateur de de la Vème République, et celui qui aura agi énergiquement pour la protection des Français, et pour rendre la France comme l’Europe plus compétitives et plus fortes. Je ne crois pas qu’il abandonnera tout à fait la politique, même s’il choisira sans doute d'y jouer, à l’avenir, un rôle différent.
6- La campagne de Nicolas Sarkozy a été une très bonne campagne. Commencée alors que le Front National était à 22% dans les sondages du 1er tour, et annoncé comme participant au second, sa campagne l’a ramené à 17%. Loin de favoriser l’extrême droite comme le proclamaient les centristes (qui, par pusillanimité, sont en train de décliner) et ceux qui se proclament humanistes, elle l’a ramenée à un niveau tolérable. Commencée alors que le Président était annoncé, soit comme éliminé au premier tour, soit, pour les plus favorables des sondeurs, comme largement battu au 2ème tour sur un score humiliant de 60/40… Il termine tout près de François Hollande. Sans doute aurait-il dû se lancer plus tôt…C’est peut-être sa seule erreur !
7- En France, l’élection décisive c’est l’élection législative. Quel que soit le Président et sa couleur politique, il est tenu de nommer Premier ministre, celui qui obtient la majorité parlementaire. Mitterrand, après avoir perdu les législatives, avait été contraint de nommer Chirac en 1986 et Balladur en 1993. Chirac président en 1995, avait, après la victoire des socialistes en 1997, dû nommer Lionel Jospin Premier ministre. Et ce ne fut pas le « programme » de Chirac qui fut appliqué mais bien celui, socialiste, de Jospin. Si l’union UMP/Centristes, l’emporte dans 5 semaines, c’est son programme – proche certainement de celui de Nicolas Sarkozy- qui sera appliqué. François Hollande ne pourra pas mettre en oeuvre le sien, dont, même son nouvel ami Bayrou, disait qu’il était catastrophique pour la France.
8- Il faut gagner les législatives. Elles ne seront gagnées que si se confirme et se renforce l’union de l’UMP et des centristes, voire d’une partie du centre gauche, et si cette « union » adopte une attitude digne, réaliste et intelligente vis-à-vis du Front National. Un souhait : que Nathalie Kosciusko-Morizet et Chantal Jouanno, soient priées de se concentrer sur leur propre élection…Et de ne pas faire de déclarations irréfléchies.
Marc d’Héré
Le moment de vérité. Intellectuels et artistes pour Nicolas Sarkozy
« La honte de la Ve République » : c’est ainsi que l’hebdomadaire Marianne n’hésite pas à qualifier Nicolas Sarkozy, tandis qu’il y a quelques jours l’Humanité comparait ce dernier au Maréchal Pétain.
Depuis plusieurs mois, de tels procédés sont monnaie courante. Au point de faire système et de devenir le discours officiel de ceux qui, dès qu’il s’agit de Nicolas Sarkozy, ne reculent devant aucune outrance.
Avec de tels propos, on sort de l’affrontement démocratique pour désigner à la vindicte, non plus un adversaire politique à défaire, mais un ennemi – à abattre. Chose peu banale, il se trouve que cet ennemi n’est autre que le Président de la République. L’homme qu’une majorité de Français a élu il y a cinq ans pour conduire les destinées du pays. L’homme qui a été choisi par nos compatriotes comme l’un des deux protagonistes du second tour de l’élection présidentielle dimanche prochain.
On ne saurait chercher d’excuse à un tel déni de démocratie. Même le comportement parfois impétueux de Nicolas Sarkozy ne peut servir de circonstance atténuante.
Au contraire, pour notre part, nous voyons dans ce qui insupporte une certaine classe médiatique la principale raison de défendre l’actuel Président de la République. La volonté de diviser qu’on lui prête est en réalité commandée par le refus d’un immobilisme dont la France, dans les circonstances actuelles, ne se remettrait pas. Sa façon de bousculer les habitudes est dictée par l’urgence même de la situation que le pays doit affronter. Et quant à son inculture prétendue, elle dissimule une grande curiosité pour tout ce qui a trait à la création et au patrimoine. Surtout, elle ne l’a pas empêché, au beau milieu d’une crise budgétaire sans équivalent depuis les années 30, d’être le seul dirigeant occidental à accroître de plus d’un cinquième les moyens du ministère de la Culture.
La France a besoin de rassemblement et non de division. Elle est en demande de justice. Qui pourrait dire le contraire ? Mais si l’on veut le rassemblement, si l’on veut la justice, il faut commencer par dire la vérité. La vérité sur l’état de nos comptes publics. La vérité sur l’immigration. La vérité sur la situation du monde et l’avenir de l’Europe. La vérité sur la nécessaire poursuite des réformes, si nous voulons sauver l’essentiel de ce qui nous fonde comme nation.
Cette vérité, aujourd’hui, dérange : c’est la cause profonde de l’antisarkozysme. Mais cette vérité est aussi incontournable : c’est la raison pour laquelle nous appelons dimanche prochain à voter Nicolas Sarkozy.
Eliette ABECASSIS, romancière
Antoine ARJAKOVSKI, historien
Charles AZNAVOUR, auteur-compositeur-interprète
David BELUGOU, décorateur de théâtre
Gérard DEPARDIEU, acteur
Bernard FIXOT, éditeur
Stéphane FREISS, comédien réalisateur
Valérie-Anne GISCARD D’ESTAING, éditeur
Thomas LANGMANN, producteur
Claude LELOUCH, réalisateur
Emmanuel LE ROY LADURIE, historien, membre de l’Institut
Michel MAFFESOLI, sociologue
Marie-José NAT, actrice
Jean d’ORMESSON, écrivain, membre de l’académie française,
Jean-Robert PITTE, membre de l’Institut
Serge REZVANI, peintre, auteur-compositeur
Jean-Paul SCARPITTA, metteur en scène
Jean-Luc SEIGLE, romancier
Malika SOREL, essayiste
Denis TILLINAC, écrivain
Alain TERZIAN, producteur
APPEL d'Antoine et Simone Veil
Sans doute le dernier texte que je publie avant le vote du 6 mai...L'appel d'Antoine et Simone Veil est un très beau texte...Je vous le propose à nouveau.
Appel d'Antoine et Simone Veil, Le monde.fr...
Il y a cinq ans, en 2007, Simone Veil a accepté de présider le comité de soutien de Nicolas Sarkozy. Depuis lors, à aucun moment, ni elle ni moi ne l'avons regretté. Certes, le quinquennat qui s'achève a été entaché d'inopportunes maladresses, qui ont fait les choux gras des médias sans que, pour autant, rien ne légitime réellement la hargne généralisée dont le président a fait les frais depuis cinq ans, de la part de la quasi-totalité des médias.
Lorsque, avec le recul du temps, l'Histoire portera sur ce mandat un regard objectif, il apparaîtra en effet que, par rapport à ses deux prédécesseurs, enclins à la complaisance et à la facilité, Nicolas Sarkozy aura amorcé la pédagogie de la vérité et de l'effort, dont la France a tant besoin, dans un monde qui s'est ouvert et qui bouge plus vite qu'elle.
Plus précisément, au fil de l'interminable tsunami dont le facteur déclenchant est parti des Etats-Unis, et qui n'en finit pas, depuis l'été 2007, de ravager l'Occident et plus précisément l'Europe, Nicolas Sarkozy nous aura évité les précipices majeurs dans les moments les plus difficiles de ce chaos récurrent, tant à la présidence de l'Union européenne qu'à celle du G20.
Qui plus est, la France aura moins souffert, au fil de ces années, que le reste de l'Europe, sauf l'Allemagne, gouvernée, depuis longtemps, il est vrai, au cap du courage, tant par la gauche que par la droite.
A l'âge qui est le mien, il convient d'aller à l'essentiel, même et surtout s'il n'est pas perçu comme tel par l'opinion, ce qui est bien le cas aujourd'hui. Le chômage et la précarité sont des drames individuels ou familiaux, certes lancinants. Ce qui est moins perçu, c'est le risque d'un accident de dette d'Etat, fruit de l'accumulation, depuis plus de trente ans, de déficits des finances publiques, conduisant à un endettement dont les intérêts cesseraient, dans la défiance des marchés, d'être finançables.
Les marchés, voilà bien longtemps qu'on les montre du doigt, en faisant grief aux gouvernants de ne pas les maîtriser.
La vérité est que, comme les conditions atmosphériques, les marchés ne sont pas maîtrisables, en tout cas dans des régimes de liberté. Le défi majeur qui est devant nous, mais qui n'est pas assez ressenti comme tel, est donc de revenir rapidement dans les clous, ce qui implique, dans un contexte où les prélèvements sur la richesse nationale dépassent déjà très largement ce qu'ils sont ailleurs, une discipline sans faille de réduction du coût de l'Etat, de celui des collectivités territoriales et du déficit des régimes sociaux.
L'alternance, respiration démocratique, a certes des séductions. Nous l'avons vécue à plusieurs reprises. J'ai souvenir qu'en 1981 le barde de l'époque, depuis lors inoxydable, nous annonçait que "la lumière allait succéder aux ténèbres". Deux ans plus tard, une sévère correction de tir s'était imposée.
Nous venons de vivre le premier tour de l'élection présidentielle, avec une distribution qui a fait virevolter sous nos yeux d'étranges personnages, allant du matamore talentueux façon Fouquier-Tinville de la Révolution de 1789 à un magistrat défroqué.
La campagne a été riche d'anecdotes et de faux-semblants, mais la très forte participation a prouvé à quel point les citoyens s'intéressent à leur avenir, alors que le risque majeur d'une dette non maîtrisable n'a pas été suffisamment mis en exergue.
Nous voici donc au pied du mur. Demain, pour faire face au risque majeur d'une défaillance de la dette souveraine et de l'explosion de l'euro, Simone Veil et moi croyons plus à la capacité de Nicolas Sarkozy qu'à celle de François Hollande. C'est bien la raison pour laquelle, le 6 mai, nous voterons sans état d'âme et appelons à voter pour Nicolas Sarkozy.
Antoine et Simone Veil
Communiqué du Parti Radical
COMMUNIQUE
Le Parti Radical par la voix d’Aymeri de Montesquiou, vice-président et Sénateur du Gers s’étonne et regrette le choix de François Bayrou de se prononcer, même à titre personnel, en faveur de François Hollande.
"Alors que depuis dix ans, François Bayrou a fait du redressement des comptes publics le préalable indispensable au redressement de notre pays, à son indépendance et à la défense de notre modèle social, nous ne comprenons pas le choix qu’il a exprimé aujourd’hui.
Ce choix de vote pour François Hollande est d’autant plus incohérent qu’il a dans le même temps réaffirmé qu’il ne partageait pas le programme économique du candidat socialiste et qu’il serait dans une opposition vigilante et déterminée pour empêcher les erreurs annoncées" a-t-il déclaré.
Parti Radical
Première réaction au débat
Le débat d'hier soir n'a pas vraiment répondu à ce que l'on pouvait espérer et n'a sans doute pas réussi à clarifier les choses pour les Français qui hésitaient encore.
Il a confirmé que le programme du socialiste Hollande était dangereux (augmentation des déficits, des impôts et de l'immigration) quand il n'était pas flou (sur la fiscalité ou l'emploi) ou naïf ( sur l'Europe et les affaires extérieures).
A l'inverse, et là c'était très clair, celui de Nicolas Sarkozy répond bien aux exigences et aux défis de notre monde et de notre époque.
Pourtant, reconnaissons-le, Hollande a été meilleur dans l'expression, et sa stratégie de ramener (souvent avec agressivité et mauvaise foi) Nicolas Sarkozy à son bilan, a contraint le Président à la défensive. Et dans cette défense, il lui est arrivé de se montrer maladroit.
Politicien habile, faible sur le fond, mais assez brillant sur la forme, n'hésitant pas à s'accorder des libertés avec la vérité et le réalisme, le socialiste a sans doute "remporté" ce débat.
Cela ote-t-il toute chance à Nicolas Sarkozy? Certainement pas. Rien n'est joué. Tout reste ouvert.
Marc d'Héré
Appels à voter Sarkozy: Antoine et Simone Veil, et une lettre de Borloo à Bayrou
Appel d'Antoine et Simone Veil, Le monde.fr...
Il y a cinq ans, en 2007, Simone Veil a accepté de présider le comité de soutien de Nicolas Sarkozy. Depuis lors, à aucun moment, ni elle ni moi ne l'avons regretté. Certes, le quinquennat qui s'achève a été entaché d'inopportunes maladresses, qui ont fait les choux gras des médias sans que, pour autant, rien ne légitime réellement la hargne généralisée dont le président a fait les frais depuis cinq ans, de la part de la quasi-totalité des médias.
Lorsque, avec le recul du temps, l'Histoire portera sur ce mandat un regard objectif, il apparaîtra en effet que, par rapport à ses deux prédécesseurs, enclins à la complaisance et à la facilité, Nicolas Sarkozy aura amorcé la pédagogie de la vérité et de l'effort, dont la France a tant besoin, dans un monde qui s'est ouvert et qui bouge plus vite qu'elle.
Plus précisément, au fil de l'interminable tsunami dont le facteur déclenchant est parti des Etats-Unis, et qui n'en finit pas, depuis l'été 2007, de ravager l'Occident et plus précisément l'Europe, Nicolas Sarkozy nous aura évité les précipices majeurs dans les moments les plus difficiles de ce chaos récurrent, tant à la présidence de l'Union européenne qu'à celle du G20.
Qui plus est, la France aura moins souffert, au fil de ces années, que le reste de l'Europe, sauf l'Allemagne, gouvernée, depuis longtemps, il est vrai, au cap du courage, tant par la gauche que par la droite.
A l'âge qui est le mien, il convient d'aller à l'essentiel, même et surtout s'il n'est pas perçu comme tel par l'opinion, ce qui est bien le cas aujourd'hui. Le chômage et la précarité sont des drames individuels ou familiaux, certes lancinants. Ce qui est moins perçu, c'est le risque d'un accident de dette d'Etat, fruit de l'accumulation, depuis plus de trente ans, de déficits des finances publiques, conduisant à un endettement dont les intérêts cesseraient, dans la défiance des marchés, d'être finançables.
Les marchés, voilà bien longtemps qu'on les montre du doigt, en faisant grief aux gouvernants de ne pas les maîtriser.
La vérité est que, comme les conditions atmosphériques, les marchés ne sont pas maîtrisables, en tout cas dans des régimes de liberté. Le défi majeur qui est devant nous, mais qui n'est pas assez ressenti comme tel, est donc de revenir rapidement dans les clous, ce qui implique, dans un contexte où les prélèvements sur la richesse nationale dépassent déjà très largement ce qu'ils sont ailleurs, une discipline sans faille de réduction du coût de l'Etat, de celui des collectivités territoriales et du déficit des régimes sociaux.
L'alternance, respiration démocratique, a certes des séductions. Nous l'avons vécue à plusieurs reprises. J'ai souvenir qu'en 1981 le barde de l'époque, depuis lors inoxydable, nous annonçait que "la lumière allait succéder aux ténèbres". Deux ans plus tard, une sévère correction de tir s'était imposée.
Nous venons de vivre le premier tour de l'élection présidentielle, avec une distribution qui a fait virevolter sous nos yeux d'étranges personnages, allant du matamore talentueux façon Fouquier-Tinville de la Révolution de 1789 à un magistrat défroqué.
La campagne a été riche d'anecdotes et de faux-semblants, mais la très forte participation a prouvé à quel point les citoyens s'intéressent à leur avenir, alors que le risque majeur d'une dette non maîtrisable n'a pas été suffisamment mis en exergue.
Nous voici donc au pied du mur. Demain, pour faire face au risque majeur d'une défaillance de la dette souveraine et de l'explosion de l'euro, Simone Veil et moi croyons plus à la capacité de Nicolas Sarkozy qu'à celle de François Hollande. C'est bien la raison pour laquelle, le 6 mai, nous voterons sans état d'âme et appelons à voter pour Nicolas Sarkozy.
Antoine et Simone Veil
Jean-Louis Borloo invite Bayrou à choisir Sarkozy:
Dans un courrier qu'il a fait porter mercredi après-midi au siège du MoDem, le parti de l'ancien candidat à la présidence de la République, Jean-Louis Borloo explique connaître les «interrogations», les «réserves» et les «réticences» de François Bayrou à se prononcer en faveur de Nicolas Sarkozy. Mais, «le programme socialiste entraînera non seulement une dégradation des comptes publics mais aussi et inexorablement celle de notre modèle social», explique Borloo. «Ce que tu ne peux pas cautionner compte tenu de ton long combat», ajoute-t-il.
«Le projet des gauches, naturellement plus facile à entendre, ne sera pas tenable, et tu le sais mieux que quiconque», fait valoir l'ancien ministre de l'Écologie.
«Nous avons longtemps cheminé ensemble, des élections européennes de 1989 autour de Simone Veil aux élections de 2002, rappelle Borloo. Depuis nos chemins ont divergé (…) mais nous avons gardé beaucoup en partage.»
Sarkozy au Trocadero
Par Charles Jaigu, dans LeFigaro.fr du 1er mai...
«La masse immense que voilà prouve aux insulteurs que rien n'est perdu pour la France!»… Cette phrase signée de Gaulle, le 1er mai 1950, a ouvert le discours de Nicolas Sarkozy place du Trocadéro, ce mardi 1er mai. Devant une foule impressionnante, compacte, et répandue le long des avenues principales menant à la place, Nicolas Sarkozy s'est livré, pour la deuxième fois en quinze jours, à un grand discours en plein air.
Avec la tour Eiffel en toile de fond, Sarkozy s'est affiché toujours conquérant face aux sondages qui se resserrent mais l'annoncent toujours nettement battu - avec six points d'écart. Il s'est refusé à évoquer le nom de son concurrent, sauf en conclusion de son discours: «Il m'appelle toujours le candidat sortant, je voudrais lui dire qu'il n'est pas encore le candidat entrant!»
Il a en revanche longuement développé sa vision de la valeur travail. Il a pleinement assumé la transgression que représente l'organisation d'un contre-rassemblement de la droite le jour du 1er mai, en défiant les syndicats et, notamment, la CGT dont le leader, Bernard Thibault a renoncé à la neutralité syndicale de rigueur en appelant à voter François Hollande. Nicolas Sarkozy les a exhortés à «poser le drapeau rouge» et à «servir la France» .
«Laissez de côté les partis. Parce que ceux que vous soutenez aujourd'hui ne vous le rendront pas», a dit Nicolas Sarkozy. «Laissez de côté les partis parce que votre rôle n'est pas de faire de la politique. Votre rôle n'est pas de défendre une idéologie, votre rôle est de défendre les salariés», a-t-il ajouté.
Devant plusieurs dizaines de milliers de personnes - «nous sommes 200.000!», a-t-il affirmé -, le président-candidat a martelé que «dans la République ce ne sont pas les syndicats qui gouvernent, c'est le gouvernement».
Bloc contre bloc, droite contre gauche, Nicolas Sarkozy a voulu incarner mardi, sur l'esplanade des droits de l'homme, le «parti de la France» contre «le parti de la lutte des classes». Plusieurs hauts responsables du PS défilaient en effet auprès de syndicats - Martine Aubry et Ségolène Royal -, mais François Hollande s'était extrait du tumulte du 1er mai pour s'incliner devant la tombe de Pierre Bérégovoy à Nevers.
Message très rassembleur
Qu'à cela ne tienne, Nicolas Sarkozy a dénoncé l'alliance entre le candidat et les syndicats. «À ceux qui préfèrent leur parti à la France, nous opposerons toujours ceux qui préfèrent la France à leur parti. Si nous sommes réunis en ce 1er mai, c'est bien parce que nous assumons la France dans toute sa diversité, nous assumons toute son histoire, toutes les familles spirituelles de la France, toutes les sensibilités, sans aucune exception», a-t-il soutenu. Il a dénoncé aussi le tropisme communiste de la CGT: «Je n'accepterai jamais de recevoir des leçons de morale de la part de ceux qui brandissent le drapeau qui a été l'étendard de tant de tyrannies à travers le monde.»
Laissant de côté les appels du pied au FN dans la première semaine, Nicolas Sarkozy a lancé un message très rassembleur, en rappelant qu'au-delà de sa personne, c'est pour un «nouveau modèle français» que les électeurs voteront le dimanche 6 mai. «Si nous voulons que rien ne change quand tout change autour de nous, nous perdrons tout!», a expliqué le président-candidat en s'adressant aux partenaires sociaux et au Parti socialiste. Un changement qui passe par «le travail, encore le travail, seul moyen de rembourser nos dettes, de retrouver le chemin de la croissance et de garantir notre pouvoir d'achat».
Dans une campagne dure, et dont le ton général a été très défensif, Nicolas Sarkozy a voulu renouer avec un peu d'espoir, en se présentant comme le candidat du travail, de l'effort, du mérite, «seuls chemins» vers «une grande ambition» collective.
«Nous ne voulons pas de la jalousie, de l'amertume, de la lutte des classes. Nous ne voulons pas du socialisme», a-t-il conclu, avant de citer, encore une fois, de Gaulle: «Travailleurs, c'est avec vous d'abord que je veux bâtir la France nouvelle…» À l'époque le «premier des Français» ne faisait que commencer sa traversée du désert. Nicolas Sarkozy, mardi, espérait atteindre la fin de sa traversée du désert dans les sondages, pour l'emporter. In extremis.
Charles Jaigu
Un discours magnifique, d'unité nationale.
Un discours qui exalte un nouveau modèle social pour la France appelant au travail, à la responsabilité et à la solidarité.
Un discours pour la France, une France forte dans une Europe forte et protectrice. Une France forte seule à même de protéger les Français et d'assurer l'avenir de tous.
Contre le langage de division que tient le socialiste Hollande qui s'adresse "au peuple de gauche", un discours de rassemblement qui s'adresse à tous.
Un discours humaniste et de vérité.
marc d'Héré
