19 juillet   2016           

Cinq jours après le terrible attentat de Nice, Nicolas Sarkozy avait souhaité avec Gérard Larcher, président du Sénat, Christian Jacob et Bruno Retailleau, respectivement président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale et au Sénat, réunir l'ensemble des parlementaires de notre famille politique alors que s'ouvre un nouveau débat parlementaire sur le prolongement de l'état d'urgence.

L'occasion pour le président des Républicains et nos parlementaires d'entourer les élus de Nice et des Alpes-Maritimes qui ont été confrontés à cet évènement dramatique.

Benjamine de l'Assemble nationale, députée et adjointe-au-maire de Nice, Marine Brenier a témoigné de l' « incompréhension », de la « tristesse » des Niçois. Mais également de leur « colère » à l'encontre notamment de François Hollande. « Quand il est venu le 15 juillet, on pensait qu'il allait enfin se passer quelque chose. Finalement il n'a annoncé que le prolongement de l'état d'urgence. Cela n'a pas eu d'écho », relève Marine Brenier évoquant des Niçois « particulièrement déçus » et se demandant pourquoi l'auteur de l'attentat, « un Tunisien connu pour des faits de violence, après avoir été condamné pénalement, ait encore le droit d'être sur le territoire national ».

Une question qui trouve une réponse dans l'une des dix propositions adoptées à l'unanimité moins une abstention lundi soir par un bureau politique extraordinaire : « tout étranger ayant des connexions, directes ou indirectes, avec un groupe terroriste doit être expulsé en urgence absolue. »

« J'espère que le gouvernement va entendre nos propositions », escompte Gérard Larcher pour qui « la compassion et l'état d'urgence ne suffiront pas pour apporter les réponses qu'attendent nos compatriotes ».

Et les réponses ce sont toutes les propositions que notre famille politique formule depuis 18 mois et qui consistent à « un réarmement politique, juridique et moral », résume le président du Sénat.

« Notre position est construite depuis des mois. Elle n'est pas une position de réaction ou d'opportunisme », poursuit Christian Jacob. « Nous avions déjà décliné un certain nombre d'entre elles après les attentats à Charlie Hebdo et à l'Hyper Casher. Nous les avons rappelées en novembre après les attentats au Bataclan et sur les terrasses parisiennes et plus récemment à Magnanville après l'assassinat de deux policiers. Cela fait donc 18 mois que nous réclamons la mise en place de nos mesures qui sont fermes et dignes », souligne Christian Jacob se félicitant de la mobilisation et de l'union des parlementaires de notre famille politique qui étaient un peu plus de 200 à cette réunion extraordinaire.

Parmi eux, l'ancien Premier ministre, François Fillon, appréciant l'initiative du président des Républicains, Nicolas Sarkozy, et « la démonstration de l'unité de notre famille. »

L'occasion également de dénoncer l' « inconséquence » et l' « irresponsabilité » de François Hollande dans la lutte contre le terrorisme tant sur le plan extérieur qu'intérieur. Invitant notre famille politique à faire siennes les propositions conclusives de la commission d'enquête parlementaire relative aux moyens mis en œuvre par l'État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 et présidée par le député Les Républicains Georges Fenech (Rhône), François Fillon a demandé à ce que les étrangers coupables de délinquance soient expulsés de notre pays. Mais également à ce que toutes les structures et associations se réclamant du salafisme ou des Frères musulmans soient interdites. « Nous l'avons fait pour des groupuscules d'extrême gauche qui ne partageaient pas les valeurs de notre République, pourquoi ne le ferait-on pas pour eux », interroge l'ancien Premier ministre.

« Faire des propositions, c'est faire vivre la démocratie », appuie Bruno Retailleau qui reproche au gouvernement socialiste « de dire et répéter que nous sommes en guerre sans en assumer la conséquence. Il faut répondre à cette guerre en agissant sur le front extérieur et sur le front intérieur », affirme le président de la région Pays de la Loire qui votera la prolongation de l'état d'urgence. « Mais ce n'est pas un blanc-seing », insiste le sénateur de la Vendée qui appelle, tout comme Gérard Larcher, à un « réarmement moral, pénal, juridique de notre pays. Il faudra se réarmer pénalement et sortir notre pays des années de laxisme de Christian Taubira », estime Bruno Retailleau se demandant également si « l'école de Najat Vallaud-Belkacem est le creuset de la République de demain ? ». Mais aussi « si le multiculturalisme et le communautarisme prônés par le pouvoir socialiste n'est pas, pour demain, une bombe ? »

Emu, Eric Ciotti est revenu sur « la tragédie, l'épouvante » de la soirée du 14 juillet à Nice. « Ce drame est en train de bouleverser considérablement notre société », estime le député des Alpes-Maritimes évoquant la « colère » de ses concitoyens « envers une forme d'inaction. « Ils en ont marre des minutes de silence et réclament l'action », relaye Eric Ciotti pour qui « le pouvoir PS est complètement discrédité pour répondre au défi terroriste. Nous, Les Républicains, avons les bonnes réponses qui doivent se détacher du politiquement correct. Les Français attendent un cap, une direction et parce que nous sommes en guerre, un chef. C'est la responsabilité que porte unitairement notre famille », souligne le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes.

Un avis partagé par Pierre Lequiller, député des Yvelines selon qui « notre pays a besoin d'une stratégie claire, d'un changement de braquet. Nous, Les Républicains, avons les réponses. »

« Nous avons une vision globale », ajoute Eric Woerth, secrétaire général déplorant que le gouvernement socialiste n'a pas « suffisamment fait » pour lutter contre le terrorisme en France. « On ne peut pas accepter la volonté anesthésique du gouvernement », ajoute le député-maire de Chantilly (Oise) estimant que la manière de critiquer des Républicains, qui s'appuient sur des revendications formulées, répétées mains non retenues par le pouvoir socialiste, est « digne. »

« Le pays doit être repris en main par un commandement assuré », reprend Jean-François Copé, député-maire de Meaux (Seine-et-Marne) qui souhaite que l'on passe de l'actuelle démocratie de François Hollande, « une démocratie faible, hésitante, tâtonnante » à une « démocratie forte et assumée ».

Le réarmement moral, juridique, Laurent Wauquiez, vice-président délégué, y souscrit également critiquant l'œuvre de la gauche, celle d'une République « où le droit à la différence est plus important que la loi commune. » Heureux et fier de l'image d'unité de notre famille « qui contraste avec une gauche fracturée de toutes parts », le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes apprécie la « clarté » de notre ligne politique dans la lutte contre le terrorisme et dont le but est de faire baisser le niveau de la menace. Laurent Wauquiez revendique également le droit au débat par l'opposition « alors que tout le travail du gouvernement est de faire taire. »

Dans cette lutte contre le terrorisme, Hervé Mariton tourne son regard vers l'Union européenne et se dit convaincu que d'autres formations politiques de droite et du centre « seraient prêtes à engager un travail de réforme sur la convention des droits de l'homme. »

Estimant qu'il faut « frapper très fort le noyau dur de l'islam radical », Jean Léonetti juge qu'un débat nécessaire doit s'ouvrir sur « qu'est-ce qu'être musulman en France « mais aussi sur « ce qu'est être Français. »

« Les Français comprennent qu'ils peuvent s'appuyer sur une opposition digne et responsable », apprécie Nicolas Sarkozy précisant que notre famille politique votera le prolongement de l'état d'urgence « dans la mesure où il protège réellement les Français. »

Revenant sur les dix propositions adoptées la veille au bureau politique, le président des Républicains estime qu' « on ne peut pas laisser, parce que l'on est la France, notre pays à sept reprises depuis 18 mois être victime des attaques de ces lâches. On ne peut pas laisser les Français se faire assassiner et nous, nous contenter de minutes de silence, de commémorations, de défilés et de solidarité. C'est plus facile, je le reconnais bien volontiers, d'expliquer le contexte que de trouver la bonne voie », lâche-t-il à l'adresse de François Hollande et du gouvernement de Manuel Valls.

Les Républicains